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La légèreté de l’esprit. 31.

Dans la chambre à côté de celle où je m’étais installé pour écrire, j’entendais Daphné qui jouait, enfouie sous un épais édredon aux motifs cachemire, en plein été. Je ne distinguais pas ce qu’elle disait. Pour cela, il aurait fallu m’arrêter d’écrire, perdre le fil de ces phrases que je m’efforçais de renouer. Je n’entendais de ces discours, dialogues inventés, que les [ʃ]et les [ʒ] qu’elle ne prononçait correctement que depuis peu et avec une intonation que je trouvais si belle que, chaque fois, elle me faisait sourire de ravissement. Dehors, dans la rue, les gens sortaient déjà les poubelles qui seraient ramassées quelque douze heures plus tard, au petit matin. C’était la fin de l’après-midi, et je venais de me demander : si je ne devais plus écrire qu’une ligne par jour, une ligne par mois, une ligne par an, une ligne de toute ma vie, serais-je encore un écrivain ? 

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