De moi on ne dira rien du tout. Je me tiens dans la chambre silencieuse. Vrombit le moteur du ventilateur. Sans doute je me cache du jour. De l’enfer bruyant dans lequel plonge le monde extérieur. Qu’il existe en effet puisque tel est mon destin. Sombre j’ai les yeux fatigués. Comme après une nuit d’ivresse sans alcool. Rien que le hasard des choses qui me passent sur le corps. Meurtrie la cause que je suis. Pourquoi tient-elle ? À quoi s’arrime-t-elle ? Au dehors ce que l’on admet. De commun pas grand-chose qui ne le gâche. À qui ne croit pas pourquoi faire quelque chose plutôt que rien. Lent le contour de la vie se dessine. Qui bâille revendique le droit au sommeil d’où on l’arrache. L’origine nocturne de nos destinations comment la retrouver ? De moi je laisserai dire que je n’ai pas été. Plus simple ainsi de s’effacer. La lumière ne reflète pas nos yeux aveuglés. Je ferme ces derniers. Et ma tête lourde tend à pencher. Je ne veux plus parler. Tous les livres me répugnent. Qu’il faudrait les brûler. Ne rien recommencer jamais. S’allonger sur le rivage. Ce serait assez. Nous ne sommes pas des souvenirs. Nous disparaissons. La vérité se tient dans le creux de l’oreille. Transperce-la.

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