Faire court, faire long, faire part, faire avec. Comme une longue liste de recommandations toutes plus décevantes les unes que les autres sans parler des comptes privés dont on se demande bien à qui ils sont destinés — à personne, peut-être, qui sait ? Mais ce serait tellement beau, si tel était le cas, non ? Comme des pense-bêtes à usage privé, des astres errants de-ci de-là dans l’immensité froide de l’univers numérique. On peut toujours rêver. Et cela, que l’on puisse toujours rêver, ce n’est pas rien, en vérité. L’affluent du rêve ne se déversant jamais tout entier dans le fleuve de la veille, que forme le surplus ? Un étang ? Me revient alors à l’esprit le souvenir de ce petit étang, près de Ligneras, en Dordogne, où j’aimais tant aller me promener, non pas tant pour son côtéWalden Pond, même s’il y avait quelque chose de cela, certes, que pour son côté — comment dire ? étang ? oui, c’est cela, étang — étang. J’avais pris un petit chemin au hasard et, bien que, comme je devais m’en apercevoir très peu de temps après, j’étais à quelques centaines de mètres à peine du village de Saint-Estèphe, j’avais eu le sentiment de m’être perdu, et la petite peur qui va avec, et ce sentiment s’était immédiatement dissipé en voyant l’étang, la cabane au bord de l’étang, exactement comme en un rêve, oui. Je consulte une carte en ligne pour retrouver l’endroit, faisant le trajet sur le plan comme je l’avais fait, la première fois, en marchant. Je suis la route du Lin jusqu’au croisement avec la route du Grand Étang, ne prend pas à droite, mais continue tout droit sur ce chemin de terre qui ne semble pas avoir de nom, tourne un peu plus loin sur la droite, enfin, et voilà, c’est là, l’étang, au détour d’un chemin. Qualité spéciale (spectrale ?) du rêve : au détour d’un chemin, à la croisée des chemins. Dans la forêt, il y a un étang, comme un supplément de vie. Vision de citadin que cela ? C’est tout à fait probable, oui, et alors ? Walden aussi est la vision d’un citadin : « Je partis un jour pour vivre dans la forêt au bord d’un étang, etc. » La ville est le lieu propre de l’être humain, disait à peu de choses près Aristote, mais elle est invivable sans son dehors, son autre, son extérieur, d’où nous sommes venus. Où nous retournons. Où nous retournerons.










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