Quarante-six ans aujourd’hui, malade. J’allais écrire : « comme un chien », mais je ne vois pas ce qu’un chien malade a de singulièrement malade, et je ne crois pas que mon état ait quoi que ce soit à voir avec celui d’un chien. En plus, je n’ai pas la force de chercher l’origine de l’expression qui expliquerait les choses. Aujourd’hui, il n’y a pas de place dans ma vie pour les explications. Je suis malade, comme Daphné, c’est tout, et c’est bien assez. Trop même pour avoir quelque chose à écrire d’autre que ces maigres phrases qui ne disent rien, ne veulent rien dire. Ne me viennent que des banalités : nous sommes tellement fragiles. N’est-ce pas une odieuse banalité ? Demain, ce ne sera plus aujourd’hui, alors tout est possible. Encore une banalité. Il vaut mieux je m’en retourne au silence d’où je viens. À demain.