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Organisation spontanée. Mais encore faut-il être disponible. À moins que ce ne soit la recherche qui organise la spontanéité, laquelle dès lors n’est pas provocante mais provoquée. Toujours est-il que quelque chose provoque, est provoqué, se provoque, appelle une voix, une question plutôt qu’une réponse, une recherche, un pas en avant, un pas plus loin, un pied devant l’autre, après tout, il n’y a pas d’autre façon d’aller. Rien à voir : quand je réponds à la bêtise par l’ironie, bien que je ne puisse m’en empêcher, cela ne me satisfait pas. Je le ressens toujours comme une défaite, ma défaite. Insatisfaction, défaite : il y a toujours une force mauvaise qui te fait dévier de ta trajectoire. Serait-ce une définition de la bêtise ? Il n’est pas impossible que oui et que, par suite, lutter contre la bêtise, ce soit moins lutter contre la bêtise que feindre son inexistence, la laisser pourrir d’elle-même. Mais, m’interrogeras-tu, que faire quand qui fait profession de la bêtise y trouve son compte et tient le haut du pavé ? Rien, et c’est en cela qu’il faut encore que je progresse. Cultiver le mépris, l’indifférence, le dandysme ultime. Organisation spontanée des choses, des idées, disais-je, est-ce vrai ? Je ne le sais, c’est là : j’avance et malgré la distance, parfois, entre deux pas, il y a un sens, une direction, c’est-à-dire un chemin. N’est-ce pas quelque chose de merveilleux ? La merveille que les choses sont comme elles sont. Est-ce que je me répète ? Oui, sans doute, mais il m’arrive de ressentir le besoin de marteler. Peut-être est-ce une réaction en retard (léger décalage horaire) à la bêtise, qui sait ? Comme afin de prouver que j’existe, malgré toutes les preuves manifestes, criantes, évidentes du contraire ? Peut-être. Qu’est-ce à dire ? Oh, tu sais très bien quoi, tu sais trop bien quoi, et je n’ai pas envie de répéter, cette fois, cette fois, je préfère garder le silence, tout contre moi.