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Fatigué. Et il va faire de plus en plus chaud. Je n’ai pas envie qu’il fasse de plus en plus chaud, mais ce n’est pas moi qui décide ni de la température de l’air, ni de l’eau, ni de la terre, ni de rien, tout cela, je le subis, bêtement, je crois, oui. J’ai tout de même avancé dans mon petit chantier, écrit un premier brouillon qui me paraît assez convaincant ou qui, du moins, correspond à l’idée que je m’en faisais au moment où j’y ai songé. Ce sont donc des choses qui arrivent. Il reste des aspects à améliorer, d’autres à mettre en œuvre, mais c’est en bonne voie. Pourquoi est-ce que je fais cela ? Sincèrement, je ne sais pas vraiment. Ne devrais-je pas me contenter d’écrire tout cela pour moi seul ? Mais, si je me contentais de l’écrire pour moi seul, je n’écrirais peut-être pas, tout simplement. Quelle différence cela ferait-il ? me demanderas-tu, sarcastique. Pour toi, aucune, sans doute, mais pour moi, toute. C’est exactement la différence qu’il y a entre le non-sens et le sens. La signification s’invente, elle n’est pas donnée. Et inventer, c’est se déployer, comme la vie, croître. Du moins, j’espère. Du moins, j’essaie.