19.3.26
Je suis en train d’écrire une note qui devient de plus en plus longue sur le livre que je suis en train de lire et bien plus que ce que j’avais prévu d’écrire sur ce livre que je n’avais pas prévu de lire. Je ne sais pas ce que je vais faire de cette note. Peut-être rien, peut-être quelque chose, même si je ne sais pas quoi. Déjà, le fait que j’aie réussi à lire quelque 200 pages de ce livre me semble être un exploit tant tout ce que je tente de lire depuis des semaines finit immanquablement par me tomber des mains. Parfois, je me dis que ce n’est pas de ma faute, que ce sont les livres qui sont mauvais (c’est vrai que, par exemple, le livre de Maurizio Ferraris, Comunismo digitale, que j’ai acheté à Rome, est franchement mauvais, je regrette de l’avoir acheté, quand je l’ai vu, je me suis dit que j’allais le lire et en parler pour impressionner Rodhlann, mais la déception n’a pas tardé à venir), parfois je me dis que c’est de ma faute, que je manque de concentration, alors que, en vérité, c’est peut-être une question d’adéquation : je suis en adéquation avec le livre que je suis en train de lire. Comment est-elle venue, l’idée de lire ce livre ? Je n’en ai pas la moindre idée. À un moment de l’écriture de la note, un peu bizarre, la note que je lui consacre, j’ai essayé de retrouver le cheminement qui m’a conduit à le lire, mais je n’y suis pas parvenu. Pourtant, cela a peut-être une importance : le cheminement ne décrirait-il pas une certaine ligne directrice, une piste à explorer ? Je sais qu’avant de reprendre la lecture de ce livre, j’avais sorti Finis terrae de Gilles Tiberghien de son étagère et que, depuis que j’ai commencé la lecture, parce que François Maspero en parle, j’ai sorti de ses deux étagères Danubio de Claudio Magris et sa traduction, mais je ne sais pas si je le lirai ensuite (j’ai commencé deux fois le livre en français sans jamais le finir). Les passagers du Roissy-Express, aussi, j’en ai commencé deux fois la lecture sans jamais parvenir à la fin, trois avec celle d’hier, et j’ai déjà lu 200 pages de l’ouvrage. Tout cela pour dire, peut-être, que je ne fais rien de ce que j’avais prévu de faire, et que, peut-être, je suis tout simplement comme cela, ce qui n’est pas sans poser de problèmes, sans me poser des problèmes, je ne dirai pas d’organisation, mais qu’est-ce que je dirai, alors ? De suite dans les idées ? Peut-être. Mais qu’y puis-je si je ne suis pas un fonctionnaire ? Qu’y puis-je si je déteste les programmes ? Est-ce à dire que j’ai besoin de papillonner ? C’est un joli mot, qui a un sens bien péjoratif, pourtant. Dommage. Il y a quelques années, je me souviens, tout le monde parlait du battement d’aile du papillon qui pouvait déclencher une catastrophe naturelle à l’autre bout de la planète, mais il semble que ce soit passé de mode. On dira que je manque de sérieux, c’est sans doute vrai. Mais, partout, les gens sérieux, regardez le mal qu’ils font.

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