2.II.26

Pas grand-chose. Il y a quelques jours de cela, j’ai essayé de retrouver un projet dont ___ m’avait fait part quelque temps avant de mourir sans y parvenir. Depuis, je ne sais pas si je cherche, mais le défaut de ce souvenir — c’est-à-dire : je ne me souviens pas exactement de quoi il s’agissait, ne parvient pas à retrouver la source, tout est vague — m’accompagne (je ne dirai pas : m’obsède, non, pas encore), et je me sens coupable. Coupable de ne pas avoir prêté plus attention au projet (son énoncé, le projet ne me concernait pas, je n’étais même pas un intermédiaire dans sa réalisation) quand il en avait été question, coupable de ne pas parvenir à me souvenir clairement de quoi il s’agissait, de tâtonner au lieu de savoir quoi faire. Comme souvent. Évidemment, c’est ce que cette culpabilité qui n’a pas lieu d’être me semble indiquer, ce n’est pas ce défaut-là qui me pose problème, mais l’autre défaut, le défaut de ___, de quelqu’un, d’un esprit, d’une figure, d’une présence, de quelque chose. Pourquoi en suis-je encore là ? Mais qu’est-ce que cette question veut dire : où faudrait-il que j’en fusse ? Encore rêvé que Nelly me quittait, cette nuit. Mal dormi, mais je crois que le mauvais sommeil est plutôt la cause que la conséquence du rêve. Pourtant, rien ne justifie objectivement — comme si cet adverbe pouvait s’appliquer — que je me sente mal. Mais c’est peut-être une seconde nature. Ce qui expliquerait le fait que, chaque fois que je ressens une gêne quelque part, j’imagine être atteint d’une maladie mortelle. Je suis allé courir ce matin : bien. Est-ce à dire, pour autant, que tout va bien ? N’exagérons rien.