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21.2.17

21.2.17

En y apportant des modifications chaque fois, j’ai relu à plusieurs reprises l’histoire que j’ai écrite samedi pour mon encyclopédie pirate. Quand je dis à plusieurs reprises, j’entends par là une dizaine de fois au moins dont une à haute voix (vers la fin, quand il m’a semblé que le processus d’écriture était suffisamment avancé, mais même à ce moment-là, en fait, je corrigeais, des détails, certes, de toute façon, il s’agissait forcément de détails puisque l’argument de l’histoire, je l’avais déjà découvert avant de l’écrire, ce qui n’est pas toujours le cas, parfois, l’idée n’est que l’esquisse d’un territoire qu’il faut explorer, mais c’étaient tout de même des corrections qui avaient du sens, une importance, sinon, je ne les aurais pas faites). Après la lecture à haute voix (laborieuse parce que je lis mal en ce moment), je me suis dit que je n’avais jamais écrit ça, jamais écrit comme ça, et que c’est bien le principe de cette encyclopédie pirate, d’explorer un vaste continent imaginaire — le vaste continent de l’imaginaire ? — tout en inventant des façons d’écrire, tout en trouvant des façons de raconter des histoires qui sont nouvelles (au moins pour moi). La première fois que j’ai eu cette sensation, c’était avec « Les deux montres de David Hume », qui était une histoire très « classique », en un sens, mais qui me permettait surtout de découvrir un univers dont je pensais qu’il ne me serait jamais accessible. Chaque histoire doit réinventer ta façon de raconter des histoires. Je crois que c’est Bolaño qui explique quelque part qu’il faut toujours écrire quatre ou cinq histoires à la fois, sinon tu racontes toujours la même histoire. Quoi que ce soit qu’il faille faire au juste pour ne pas raconter toujours la même histoire (en écrire trois, quatre, douze, vingt-quatre, traduire des livres aux antipodes de ce que tu écris, écouter dix fois le même disque de Mitsuko Uchida jouant Schumann avec Daphné, tenir son journal, écrire trois livres en même temps, et caetera), tu dois être obsédé par cette idée : toujours faire quelque chose d’autre, quelque chose que tu n’as pas encore fait, quelque chose que tu ne croyais pas être capable de faire. L’idée — ce n’est pas de réaliser des exploits — c’est d’activer le devenir en permanence.

Cette nuit, j’ai rêvé que, dans une sorte d’université, ma mâchoire se bloquait cependant que j’étais en train de parodier Emmanuel Macron (en fait, pour l’imiter à la perfection, j’étais devenu Emmanuel Macron). Je me suis réveillé au moment où celui qui était notre médecin de famille quand je vivais à Marseille me cassait une dent en essayant de la débloquer.

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