10.4.17

10.4.17

En droit français, les idées sont de libre parcours ; ce qui signifie qu’on ne peut pas se les approprier, on ne peut pas les privatiser. Ce que le droit français ne dit pas, toutefois, parce que ce n’est pas sa vocation de le dire, c’est que les idées, encore faut-il les avoir et que, si elles sont de libre parcours, cela ne signifie pas qu’elles se promènent çà et là et qu’il suffit de se baisser pour les ramasser. Ce que le droit français ne dit pas non plus, c’est que les idées n’existent pas et que, par suite, on n’a pas une idée, j’entends au double sens de (1) on ne peut pas la privatiser (2) on ne l’attrape pas comme si elle existait indépendamment de soi. Les idées, encore faut-il les avoir, c’est-à-dire : encore faut-il les penser, c’est-à-dire : encore faut-il les fabriquer.

Après le déjeuner, pendant la sieste de Daphné, je me suis assoupi. Les pieds dans un large rayon de soleil, j’ai rêvé, je crois que c’est ce que je me disais en rêvant, d’oiseaux de mer rieurs et de bouches ouvertes. Et puis, je me suis réveillé parce que j’étais en train de baver cependant qu’une mouette se moquait de moi.