20.10.17

Il fait chaud pour la saison, c’est étonnant, n’est-ce pas ? oh oui mais ce n’est pas cela qui compte, pour moi, ce qui compte, c’est de pouvoir regarder le ciel bleu au-dessus de moi, et de ne pas y trouver la loi morale, qui aime mieux hanter les cieux grisâtres, mais ce à quoi la vie ressemble quand elle vaut la peine d’être vécue, enfin, la peine d’être vécue, ce n’est pas une peine de la vivre, et puis, surtout, la vie elle-même, indépendante de moi, cette vie ne me vaut rien, non, je préfère dire quand j’ai envie de vivre cette vie-là, même s’il y a des moments dans l’après-midi où je ne sais pas quoi faire, comment continuer, que faire de cette boule au ventre, à moins que ce ne soit une brique, le temps s’étire et triste, mais ce ciel-là vaut bien qu’on vive un peu plus longtemps, oh, pas pour lui, non, non, qui nous ignore impassible, non, mais pour moi, qui mets à jour mon curriculum vitae et me dis, oh, tant de choses et si peu, pourtant, mais quand même il y en aurait cent fois plus, ce ne serait pas assez, c’est comme David Hume qui explique, je ne sais plus où, à ceux qui s’étonnent qu’il n’y ait pas plus de belles femmes, qu’il y en aura toujours autant puisque c’est une notion relative, marcher ou pas, réussir ou non, c’est une notion relative, qui se déplace sans cesse, et il faut la suivre ou bien ne plus rien faire du tout.

Noté aussi cette phrase d’Enrique Vila-Matas : En vérité, je veux le dire sans perdre davantage de temps, écrire, c’est cesser d’être écrivain, au début de Mac et son contretemps.

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