11.1.18

Hier, centaines d’oiseaux (milliers, peut-être, je ne veux ni ne peux les compter — je veux, seule, l’idée que je m’en fais), qui chantent à tue-tête dans le parc. Impression en le traversant après avoir marché un assez long moment que le corps se dilue progressivement dans le son qui l’entoure, que la ville disparaît, au loin, comme l’écho sourd d’une réalité sur laquelle tout le monde a beau être tombé d’accord, tout le monde s’est trompé. Ce n’est pas le sentiment de la nature — il faudrait être naïf pour croire en la nature dans un parc —, c’est la possibilité de l’effacement, de la disparition de toutes choses qui nous étouffent parce que nous croyons ne pouvoir respirer sans elles. Les oiseaux vivent dans l’indifférence de ce que nous faisons, ils se servent des parcs comme si c’était la nature. Nous ne faisons que fantasmer des horizons dont nous n’avons pas besoin, une nature juste où l’égalité serait une loi universelle. Les oiseaux se servent de ce dont ils ont besoin pour vivre, et puis ils s’en vont. Ils font leur nid et migrent. Nous ne sommes pas des oiseaux. Sauf que, dans le parc, ne l’ai-je pas été, n’ai-je pas gazouillé comme oiseau au soleil ?

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