9.3.18

Gênes
Il faut être irrécupérable. J’imagine que quelqu’un a déjà dû dire quelque chose de ce genre. Voire : exactement la même phrase. Ou la penser. Et quelqu’un de pas forcément intéressant, c’est tout aussi probable, en effet. Mais même les imbéciles peuvent avoir de bonnes idées (Est-ce une preuve de la véracité du platonisme ? Aucun rapport). Il faudrait être irrécupérable. Ne pas devenir un contenu qui servira d’autres intérêts, qui eux servent à quelque chose de bien précis — la plupart du temps amuser la galerie des gens gris. Il ne le faut pas, non. Et moi, je ne veux pas que quelque starlette des années 1980 devenue vieille gloire pour le morceau d’éternité qui se tient désormais devant elle déclame mes textes en les associant en rapport avec un thème quelconque. Je ne veux pas qu’on prélève mes organes pour faire un corps qui n’a rien à voir avec le mien. Je ne veux pas de cette chirurgie poétique. Je ne veux pas de ce monde vulgaire où tout sert à quelque chose, où tout est bon à quelque chose — à divertir et faire de l’argent. On pourra toujours me rétorquer que personne n’a envie de me récupérer. C’est une objection, en effet. À laquelle, à dire vrai, je n’aurais rien à répliquer, si ce n’est : Eh bien, c’est peut-être la preuve que je suis dans la bonne voie.

Si tu désires autre chose que le soleil, tu es un escroc.

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