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28.11.18

Est-ce que cette entreprise veut dire quelque chose ou n’est-ce qu’un monstre de stupidité ? Est-ce seulement une entreprise ? Pourquoi y a-t-il des mots, des mots comme celui-ci entreprise, qu’on a l’impression de ne plus pouvoir utiliser, des mots vampirisés ? Tu te poses mal la question en te demandant où ça va alors que ce n’est pas du genre de ce qui va quelque part, mais du genre de ce qui accompagne. Mais qui accompagne quoi ? Ma vie. Est-ce que ma vie se distingue de ce que j’écris ? Oui, bien sûr. Heureusement. Si ma vie ne se distinguait pas de ce que j’écris, ma vie serait un échec. Est-ce que c’est si simple que cela ? Je ne sais pas. Non, j’imagine que je caricature. N’est-ce pas justement ici, que tu dois renoncer à toute forme de caricature ? N’est-ce pas justement ici, que tu dois lutter contre la caricature ? Pourquoi, quand j’écris un livre, je pourrais m’accorder le droit de céder à la caricature ? Non, ce n’est pas ce que je veux dire. Alors qu’est-ce que tu veux dire ? Je ne sais pas. Est-ce que j’ai raison de faire ce que je fais ? De faire ce que je fais comme je le fais ? Comment faire autrement ? Comme tout le monde ? Peut-être. Alors, le domaine des possibles serait réduit à ceci : soit soi soit en phase ? C’est atroce. Tu ne crois pas que tu exagères, atroce, c’est un peu fort, non ? Non. Ce journal, qui n’est pas un journal, que j’ai appelé journal faute de mieux, journal pour ne pas avoir à chercher un autre mot qui n’aurait pas voulu dire grand-chose non plus, journal pour ne pas me perdre en néfastes considérations lexicographiques, journal après tout ce n’est qu’un mot parmi d’autres dans le grand nombre, ce journal doit m’accompagner partout, il doit être avec moi partout. Mieux : il doit devenir une partie de moi. Ne l’est-il pas déjà ? S’il ne l’était pas, crois-tu que je prendrais le risque de le prétendre ?

Pas envie de me raser en ce moment. Broussailles en noir et blanc. Je l’écris. Ensuite, Daphné me dit va te raser papa pas aujourd’hui je lui réponds je n’ai pas envie.

Il y a quelque temps, le footballeur préféré des Français, le héros de la Nation triomphante, déclarait que l’argent du foot était indécent. Pour annoncer ensuite la fin de sa carrière ? Qu’il renonçait à son salaire ? Qu’il allait faire don du montant de son transfert pour lutter contre la pauvreté ? Non. Pour commenter tout simplement : c’est comme ça. Ainsi, le peuple adule-t-il dans les stades et à la télé les mêmes milliardaires réalistes auxquels il veut couper la bourse dans la rue ensuite. C’est comme ça.

Utopie zéro.

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