Des divers inconvénients que l’on rencontre lorsque l’on n’est pas assez riche pour se ruiner

Des divers inconvénients que l’on rencontre lorsque l’on n’est pas assez riche pour se ruiner, vendre sa production n’est pas le moindre. C’est une proposition d’expérience. Lorsque j’ai imprimé le premier cahier de mes habitacles, leur gratuité ne faisait pour moi aucun doute. Le but était de faire exister un texte qui me semblait le mériter. Et puis, je me suis rendu compte que, ces cahiers, si je continuais à ne pas les vendre, j’allais me ruiner. Or, c’est impossible, puisque, précisément, je ne suis pas assez riche pour me ruiner. Pour se ruiner, en effet, encore faut-il disposer d’une fortune, ce dont, malheureusement ou heureusement, je ne sais pas, je ne dispose pas. Aussi donc, me faut-il vendre ma production. J’ai fait un tableau excel — c’est la plus stricte vérité —, ce qui ne m’était plus arrivé depuis des années (depuis les années quand je travaillais chez Grasset, pour être tout à fait précis), et j’ai déterminé un prix de vente qui ne serait pas totalement exorbitant ni totalement dérisoire compte tenu des diverses espèces de travail qu’il me faut fournir pour finir par imprimer un cahier (écrire, corriger, imprimer, etc.). Cinq euros. C’est le prix que je me suis dit que j’allais fixer. Pour les FDP, ajouter 1,72 euros pour la France et 2,6 pour le reste du monde. La planète est ainsi faite. Il y a une page pour ça. Allez-y

— Les éditions o !

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