comment 1

13.6.19

Tout est une question de volonté, mais la volonté n’existe pas. Il faut avoir confiance en soi, mais le moi n’existe pas. Si l’on soustrait la réalité aux lieux communs des idées reçues, que reste-t-il ? Rien ou des ectoplasmes, des fantasmes qui se dissipent quand on souffle dessus, un peu comme des nuages au vent, pas grand-chose de bien dangereux, d’une certaine façon, et pourtant si toxiques. Quand on veut, on peut, mais on ne veut pas. Je me disais ça après être allé courir parce que j’étais en train de m’imaginer une sorte de manuel de développement personnel, qui commencerait comme ça : tout est une question de volonté, etc. Si on supprimait toutes les entités dans lesquelles nous nous imaginons vivre, qui sont censées nous habiter, l’univers et nous-mêmes, nous serions plus légers. Le rasoir d’Ockham sert pourtant à mener à bien cette tâche de nous débarrasser de tout le surpoids, le gras de la métaphysique, élaguer les ontologies obèses, mais on dirait que plus personne ne sait s’en servir. À la place de la tonte salutaire de la barbe de Platon, les gens multiplient les choses comme les petits pains, tout devient une entité, tout ce que je peux penser, si je peux le penser, cela doit bien exister, non ? Non. On remarquera qu’il n’y a pas loin du nominalisme au minimalisme zen, pas loin de plaines désertiques peuplées de quelques êtres à peine aux régimes visant à soulager le corps archi-occidental de son surplus graisseux. Je ne cours que pour une chose, maigrir, à tous les sens du terme. J’ai perdu 4 kilos en un peu plus d’une semaine et toujours plus d’illusions. Chez moi, c’est ce que je pourrais dire, mais je ne sais pas trop ce que cela peut bien vouloir dire chez moi, chez moi, donc, l’un ne va pas sans l’autre. Le régime n’est pas une ascèse, c’est une question ontologie, une question d’hygiène métaphysique. Je sais gré aux quelques rougets qui ont grillé sur la plancha ce soir de ne pas me gaver, de ne pas me lester, mais de me laisser flotter dans les idées où les paysages poussent comme des figuiers de barbarie, climat aride, chercher la richesse ailleurs que dans les choses qui sont ou sont censées l’être.

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