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30.8.19

J’écris des poèmes à l’encre bleue dans mon carnet japonais couverture couleur d’olive verte, je me pose des questions mais trop je crois que non, je ne pense pas qu’il m’arrive de ne penser à rien, il faut dire que je n’essaie pas, je cours, j’ai perdu neuf kilos depuis le mois de juin, changé de silhouette, visible, me sens bien, en bonne santé, c’est-à-dire, en grande santé, est-ce à dire ? oui, au sens du préalable, tu vis avec ton corps, quand même il te déplairait souvent, quand même il ne serait pas toujours à la hauteur, pas toujours à ta hauteur, tu n’es pas une chose sans chair, tu n’es pas pure res cogitans et tu ne cogiterais pas grand-chose si tu n’étais pas d’abord extensa. Il faut te cultiver. En un sens, aussi, je ne fais pas grand-chose, mais en un autre, plus riche, plus profond, moins manifeste, c’est-à-dire, plus secret, je n’arrête pas, je croîs sans arrêt. En relisant le § 382 de la gaya scienzaoù Nietzsche parle de la grande santé, un nom m’a sauté aux yeux comme à d’autres à la gorge, un mot dont je ne me souvenais pas qu’il était présent là, nom de lieu, nom de dieux, nom du lieu propre à la santé, en dépit de tout ce qu’on lui fait dire aujourd’hui, encadré de guillemets, voici ce qu’écrit Nietzsche : « Celui dont l’âme aspire à vivre toute l’ampleur des valeurs et des aspirations qui ont prévalu jusqu’alors, à faire le périple de toutes les rives de cette “Méditerranée” idéale, celui qui veut savoir par les aventures de son expérience la plus personnelle ce qui se passe dans l’âme d’un artiste, d’un saint, d’un législateur, d’un sage, d’un savant, d’un homme pieux, d’un devin, d’un homme divinement mis à part, d’ancien style : celui-là a besoin en tout premier d’une chose : la grande santé— cette sorte de santé que non seulement on possède, mais que l’on acquiert et que l’on doit encore acquérir sans cesse, parce qu’on l’abandonne à nouveau, qu’on ne cesse pas de l’abandonner, qu’il faut l’abandonner… » Méditerranée, donc. Idéale. Cosa mentale ? Probablement pas. Plutôt parfaite. Celle-ci que chacun se crée, chaque fois devenant Ulysse, entreprenant le voyage.

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