comment 1

28.8.19

En rentrant de la Biocoop où j’étais allé en sortant de la bibliothèque municipale de Bonneveine où je n’avais trouvé que trois des quatre livres que j’étais venu y chercher, encore dans le garage, j’ai écrit un poème. La première phrase et la deuxième, du moins, la première phrase, surtout, dont la première version semblait prendre un sens que je ne voulais pas lui donner et que j’ai reformulée deux ou trois fois avant de passer à la deuxième avant de rentrer à la maison pour écrire le poème. Le poème, cela a son importance, il me semble, j’ai d’abord pensé l’écrire à l’ordinateur, mais le problème de l’ordinateur, c’est qu’il aurait fallu que je crée un fichier exprès pour l’y écrire, or un fichier ressemble trop à quelque chose de figé, de clos sur lui-même, aussi ai-je décidé de l’écrire dans le carnet vert olive, à l’encre bleu méditerranée, et si je précise que cela a son importance (le carnet, mais pas sa couleur ni celle de l’encre), c’est que le poème tel que je l’envisageais en commençant de composer mon poème dans le garage où je faisais ma manœuvre et le poème tel que je l’ai effectivement écrit dans mon carnet, ces deux poèmes n’avaient pas grand-chose à voir l’un avec l’autre. Je ne présageais pas, c’est-à-dire, en composant tout d’abord mon poème qu’il ressemblerait à ce poème-là, tel que je l’ai écrit. Je n’avais pas anticipé la direction prise par le poème en l’écrivant. Et il me semble que c’est beau, et heureux, qu’un poème n’existe pas avant d’avoir été écrit (même pas avant d’avoir été composé) — il n’y a pas d’essence du poème distincte de son inscription quelque part —— il n’y a que l’écriture —, qu’un poème se confonde avec son écriture, que le poème et l’écriture du poème fassent une. En va-t-il de même avec toute forme d’écriture ? Je le suppose en pensant à cette remarque de Wittgenstein : « Je pense vraiment avec la plume, car souvent ma tête ne sait rien de ce que ma main écrit. » Ce qui précède n’est qu’une préécriture, ce n’est pas la vérité de l’écriture, comme s’il y avait une écriture invisible quelque part, loin de celle qui s’écrit pour de bon, à laquelle l’écriture qui s’écrit pour de bon devrait s’efforcer de ressembler sans probablement y arriver jamais. Il n’y a pas rien avant d’écrire, mais tout vient dans l’écriture. D’où vient dès ce qui s’écrit et dont je ne sais rien avant de l’écrire ? De l’inconscient ? Certes pas. C’est le langage à l’œuvre. Et c’est tout ce dont nous avons besoin — les hypothèses ne servant pas à grand-chose ici — : écrire pour activer le langage.

1312843 signes ces signes compris.

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