si je m’arrête

Si je m’arrête
est-ce que je meurs ou bien est-ce que
je flotte sans contraintes
sans contraires
autres que l’allure immobile
que je ferais mienne ?
si je m’arrête est-ce que le vent
va me souffler
dans le lointain
deviendrais-je nuage
léger comme un peu
de fumée ?
si je m’arrêtais
qui deviendrais-je
au repos volontaire sinon
une image figée
chose par son absence de force ?
où est le principe de mon mouvement
dans l’air du temps ?
je ne vais pas m’arrêter
la poitrine légère
les yeux dans le néant
je vais continuer
qui peut m’arrêter ?

Déclameur : ce texte est un extrait d’un ensemble plus long, un poème intitulé couleurs primaires (et partout c’est la guerre) toujours en cours d’écriture.