il n’y a pas de mais

Il n’y a pas de mais
je ne le retiens pas
garde mon souffle
aucune parole ne sort
de ma bouche
apnée de l’oreille
idem
à force de tout entendre
on n’écoute plus rien
ou l’inverse
je ne sais pas très bien
je contemple la grisaille
du temps et du temps
toute l’eau du monde
dégouline sur mes pieds
nus
je compte les gouttes
une à une et très vite
très vite ne sais plus
combien
des milliards probables
partout sur la terre
déluge et sécheresse
vivre cette contradiction
n’est-ce pas faire
l’expérience d’être vivant ?
peut-être bien ou alors non
je ne dis rien
n’est-ce pas certain de toute façon
qu’il n’y a personne
personne pour m’entendre
non plus ?

Déclameur : ce texte est un extrait d’un ensemble plus long, un poème intitulé couleurs primaires (et partout c’est la guerre) toujours en cours d’écriture.