20.11.20

Effacé la note que j’avais écrite aujourd’hui parce que j’y abordais encore quelque chose que j’ai l’impression de ressasser sans cesse (ce qui n’est peut-être pas vrai, mais l’impression, elle, oui), comme si je tournais autour d’un pot vide en m’écriant Il y a quelque chose dedans ! Il y a quelque chose dedans ! et que rien, surtout pas le fait de regarder à l’intérieur et de voir qu’il n’y a rien, ne parvenait à me faire revenir à la raison. Au lieu de continuer la note que j’avais commencée d’écrire, je suis sorti courir. Avec un objectif précis. Prenant en compte le Mistral (vent frais). Une heure plus tard, j’avais atteint cet objectif, qui n’a rien d’un exploit, est simplement une réussite. C’était tout ce que je voulais. Je ne pourrais pas me contenter, tu vois, de réussites aussi simples que celle-là, et c’est peut-être malheureux, peut-être faudrait-il se satisfaire de ce peu-là, mais je ne le pourrais pas. Est-ce une déformation mentale, une illusion constitutive, un désir d’échec qui ne se nomme que difficilement, comme à regret ? Est-ce que je sais ? Ce simple-là est une petite perfection, qui ne deviendra jamais autre qu’elle-même, c’est-à-dire : qui ne sera jamais autre que cette petite perfection qu’elle est. Infiniment finie. Dût-elle se reproduire à l’infini, elle ne connaîtrait jamais la moindre variation. Étrangère à toute forme de progrès, à toute forme de procès. C’est une boucle qui se clôt sur elle-même. Tandis que la perfection que je cherche est un progrès, un procès, une spirale, un effet d’entraînement, une variation ne serait-elle qu’infime elle serait encore réelle dans le retour du même. Tout le reste me semble mort quand même il respirerait encore.