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9.8.18

Des jours et des jours que tombe la bruine — et l’homme vieillit. Ai-je besoin de tout comprendre ? Je comprends la poésie du moine errant. Mais je ne comprends pas la méditation assise. Je comprends l’oisiveté inventive. Mais je ne comprends pas la contemplation. Je… Read More

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Par un beau jour d’été

« Nous avons du temps libre, semble-t-il. Et puis, il y a les cigales qui chantent au-dessus de nos têtes ; elles dialoguent entre elles et semblent nous regarder. Si elles nous voyaient, tous les deux, comme la plupart des gens, à midi, cesser de dialoguer, somnoler et les laisser bercer nos esprits paresseux, elles se moqueraient de nous et elles auraient raison. Elles penseraient que des esclaves sont venus dormir auprès d’elles en cet asile, comme des moutons qui font la sieste près d’une fontaine. Au contraire, si elles nous voient dialoguer et passer auprès d’elles comme le bateau qui passe devant les Sirènes sans succomber à leurs charmes, peut-être nous accorderont-elles, admiratives, la récompense que les dieux leur ont donné d’attribuer aux hommes. »

Platon, Phèdre, 258e-259b.

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A one-way ticket to Passaic.

That zero panorama seemed to contain ruins in reverse, that is—all the new construction that would eventually be built. This is the opposite of the “romantic ruin” because the buildings don’t fall into ruin after they are built but rather rise into ruin before they are built. This anti-romantic mise-en-scene suggests the discredited idea of time and many other “out of date” things. But the suburbs exist without a rational past and without the “big events” of history. Oh, maybe there are a few statues, a legend, and a couple of curios, but no past—just what passes for a future. A Utopia minus a bottom, a place where the machines are idle, and the sun has turned to glass, and a place where the Passaic Concrete Plant (253 River Drive) does a good business in STONE, BITUMINOUS, SAND, and CEMENT. Passaic seems full of « holes » compared to New York City, which seems tightly packed and solid, and those holes in a sense are the monumental vacancies that define, without trying, the memory-traces of an abandoned set of futures. Such futures are found in grade B Utopian films, and then imitated by the suburbanite. The windows of City Motors auto sales proclaim the existence of Utopia through 1968 WIDE TRACK PONTIACS—Executive, Bonneville, Tempest, Grand Prix, Firebirds, GTO, Catalina, and LeMans—that visual incantation marked the end of the highway construction.

Robert Smithson, “A Tour of the Monument of Passaic, New Jersey” (1967)

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Le kitsch selon Greenberg

« Parce qu’on peut le produire mécaniquement, le kitsch a très bien trouvé sa place dans notre système de production, mieux que le pourrait jamais la vraie culture, sinon par hasard. Son rendement doit être à l’échelle de l’énorme investissement qu’il exige ; il est condamné étendre comme à préserver ses marchés. Bien qu’il soit par essence son propre vendeur, il a néanmoins fallu lui créer un énorme dispositif de vente qui exerce sa pression sur chaque membre de la société. Il y a ainsi des pièges jusque dans les domaines préservés, si je puis dire, de la culture véritable. Dans un pays comme le nôtre, il ne suffit plus aujourd’hui d’avoir un penchant pour la vraie culture, il faut éprouver une vraie passion qui donne la force de résister aux faux-semblants dont chacun est entouré et gavé dès qu’il atteint l’âge des bandes dessinées. Le kitsch est trompeur. Il opère à de multiples niveaux et certains sont si élaborés que l’amateur candide de valeurs peut s’y méprendre. Une revue comme The New Yorker, qui est fondamentalement du kitsch de haute société pour commerce de luxe, transpose et édulcore beaucoup de matériaux d’avant-garde pour servir ses propres fins. D’autre part, tout n’est pas sans valeur dans le kitsch. De temps en temps, il produit quelque chose de valeur, quelque chose ayant une valeur authentique ; et bien qu’il ne s’agisse que de cas fortuits, bon nombre de gens, pourtant avertis, s’y sont laissé prendre. »

Clement Greenberg, « Avant-garde et kitsch »

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Wittgenstein à Moore à propos de Skjolden

« I do believe that it was the right thing for me to come here thank God. I can’t imagine that I could have worked anywhere as I do here. It’s the quiet and, perhaps, the wonderful scenery ; I mean, its quiet seriousness. » 

Ludwig Wittgenstein, letter to G. E. Moore, october 1936