Méduse médusée

même les chiens jaunes gardent le souvenir ému de leur première fois
leurs assauts hésitant sous couvert de tics essaimés dans le vent
et les puces dont la rengaine entêtante se fait l’écho à tout bout de champ
même les astres volages s’écrasent par terre une fois leur tour venu
leurs utopies détraquées comme corps et âme courant dans le temps
et les idiots magnifiques ont leur moment de grâce une fois l’an

alors
lorsque le vide sidéral deviendra enfin ton pain quotidien
ne sois pas médusé par le néant non ne sois pas médusé par le néant

même les vaches folles déambulent en théorie du côté de la raison
leurs carcasses dépecées par les médiums délirant
qui se pavanent éternels d’un bord à l’autre de l’océan
même le troupeau en vient à aimer sa vie son maître son berger
la mort a des bouffées d’angoisse en regardant les gens
et les acteurs qui articulent dans le poste ont l’air de croire encore en la vérité

alors
lorsque le vide sidéral deviendra enfin ton pain quotidien
ne sois pas médusé par le néant non ne sois pas médusé par le néant

même les visages tristes ont quelque chose de souriant
pris sous le bon angle à la bonne saison
où les morts à la photogénie douloureuse soulagent de leur peine les restes vivant
même quand il n’y aura plus rien il restera encore quelque chose
le souvenir d’un bon vieux temps frémissant comme poisson hors de l’eau
comme la tête dans l’étau avant que prise de courage elle ne se résolve et implose

alors
lorsque le vide sidéral deviendra enfin ton pain quotidien
ne sois pas médusé par le néant non ne sois pas médusé par le néant