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21.3.17

21.3.17

J’ai toujours pensé si l’auteur devait ajouter un commentaire, cela signifiait que, d’une façon ou d’une autre, l’œuvre qu’il commentait ainsi souffrait de quelque défaut dont il était plus ou moins responsable. Et pourtant, peut-on ne pas expliquer sa démarche ? Le paradoxe, c’est que non ; ou alors tu acceptes que certains aspects ne soient par perçus aussi clairement qu’ils devraient l’être, comme quand, par exemple, en répondant aux questions que me pose PP, il me semble qu’il faut que je parle de « la philosophie analytique », pour signaler, au moins en passant, l’importance qu’ont (eu) pour moi la logique philosophique, la grammaire, l’esthétique analytique, et ensuite (sur la rive occidentale de la philosophie analytique, pour ainsi dire) l’approche rortyenne du pragmatisme (initiée par le tournant linguistique et enrôlant tout dans son sillage : Hegel, Wittgenstein, Heidegger, Dewey, Sellars, Davidson, Proust, Nabokov, Derrida). Évidemment, cela n’explique pas tout, mais c’est une sorte de contrepoint nécessaire à la figure de l’écrivain secrètement argentin, qui n’est en réalité qu’une toute petite partie du tableau.

Passé la matinée à la BNF, pour trouver les citations (trouvé les 2/3, du coup, j’ai fini ou quasi), relu aussi les réponses aux questions pour l’entretien. Envisage de les faire circuler un peu avant de les envoyer, histoire de voir si on sent les choses comme moi ou si ce n’est pas le ton, la manière. Je ne sais pas, on verra. En rentrant, le bus s’arrête au Jardin du Luxembourg, le chauffeur annonce qu’il va dévier son trajet par Denfert, à cause d’une manifestation. Je termine le trajet à pied. En arrivant rue de Rennes, beaucoup de CRS, comme d’habitude dans ces circonstances-là. Eux-mêmes n’ont pas l’air de très bien savoir ce qu’ils font ici. Deux jeunes en bleu fument derrière leur camion, comme s’ils n’en avaient pas le droit (je me demande : l’ont-ils ?) et qu’ils s’imaginaient à l’abri des regards indiscrets. Place du 18 juin 1940, le bleu a viré au rouge. La sono hurle des chansons de lutte, j’imagine des punks à chien en train de jouer du violon tzigane à la campagne. Ça sent la merguez, oui, mais il n’y a pas grand-monde, non. D’ailleurs, si on me demandait pour ou contre quoi ils manifestaient aujourd’hui, je ne pourrais pas le dire précisément ; j’en ai une vague idée, mais elle ne provient pas de cette manifestation-là. D’où cette question que je me pose, plus ou moins, chaque fois : À quoi bon ? C’est à cette question qu’ils devraient répondre pour commencer.

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