23.4.17

comiteecolesdart-9513dig-lJ’accompagne Nelly au bureau de vote de la rue Littré. Il est onze heures et demie. Les électeurs font la queue sagement pour accéder à l’isoloir. À l’entrée, un Noir aiguille les votants entre les deux bureaux, le 16 et le 17. D’un rapide coup d’œil, je constate que, comme souvent, dans le nombre, le seul Noir, c’est lui.

Ce qui convertit en retour la farce en tragédie, c’est que les gens continuent d’aller voter, malgré tout, c’est-à-dire aussi malgré le fait que, manifestement, on se moque d’eux, on leur ment — les yeux dans les yeux —, on leur promet moins de liberté, plus d’obligations, moins de justice. Ils votent en masse comme s’il n’y avait rien d’autre à faire, rien de mieux à faire que reproduire le même mécanisme de l’échec, la même négation de la démocratie.

Salade de fraises au jus d’orange maltaise, poivre noir et menthe, ma version d’une recette que Sarah Woodward donne dans son livre sur les Oranges et citrons, recette de Nemi, au-dessus de Rome, dit-elle, où l’on marie notamment les fraises avec des oranges sanguines et du poivre noir. — Un palais pour le palais.