24.4.17

Le peuple français s’est enfin trouvé le champion qui derechef affrontera pour lui le fascisme. C’est le moins qu’on pouvait attendre de lui.

Il me semble qu’il faudrait commencer par ne pas vouloir être gouverné et, ensuite, à la suite de longues argumentations, finir par décider de ceux qui sont le moins inaptes à remplir quelque tâche, assumer un certain nombre de fonctions ingrates mais nécessaires pour que les individus ne s’entretuent pas et coexistent pacifiquement. Au-delà, n’avons-nous pas affaire à une forme plus ou moins douce de tyrannie ?

Plus intéressant (parce qu’après tout, moi, je ne vote pas) : (re)commencé la lecture de Finnegans Wake de Joyce, à voix haute, qui se révèle d’une drôlerie que je n’avais même pas entraperçue la première fois (les premières fois ?). Comme cette chute, dès la première page : « The fall (bababadalgharaghtakamminarronnkonnbronntonnerronntuonnthuntro-varrhounawskawntoohoohoordenenthurnuk !) », longue chute, s’il en est, pas infinie, non, avec Finnegans Wake, nul besoin d’exagérer, mais dont on vient à bout après quelque peine, cul par-dessus tête, où une pluralité de langues se croisent, se mélangent, se succèdent. Il y a un polyglottisme interne qui résonne dans la bouche, des phrases qui prennent sens à la vue et à l’ouïe, ce qui fait que ce texte est peut-être au moins double, toujours en train de se dédoubler, d’imaginer la langue, certes, mais de transporter avec lui l’histoire, de faire parler des personnages dans leur patois, dans une langue imaginée pour le livre, et de réaliser ladite langue.