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3.6.17

Ce matin, je me suis réveillé vers 5h du matin. Je n’aime pas me réveiller avant l’heure — avant la sonnerie du réveil ou avant Daphné — parce qu’alors, je découvre devant moi un supplément de temps dont je ne sais pas quoi faire et dont, généralement, enfin, généralement, c’est-à-dire quand ça m’arrive, ce qui n’est pas si souvent que ça, même s’il me semble que ça m’arrive trop souvent, et dont, généralement, je ne fais rien. Ce matin, pendant ce supplément de temps, toutefois, j’ai pris une décision silencieuse à laquelle je ne m’en tiendrai probablement pas — mais ce n’est pas vrai, je dis ça presque spontanément, et je me rends compte que c’est un autre moi que mon moi-là qui parle (celui, je le suppose, qui n’a pas arrêté de fumer). Et puis, j’ai lu cette histoire de porcelaine de Gabriel S. Franck. Dont je note ces quelques phrases : « Je reste grave et de la même lignée que ces masques sourds qui ont mille ans. Que les yeux automatiques des poupées. J’humecte de la langue la surface laiteuse de l’objet. La porcelaine se met à briller. C’est un assouvissement. Je passe en mode étanche. », et dont j’aime le déséquilibre. Il me semble que chacune des phrases, en effet, va dans une direction différente, visite un moment singulier du passé, un jour du xxe siècle littéraire, des façons différentes de décrire une même sensation provoquée par une manie bizarre, décadente, surréaliste, décadente, surréaliste, la manie tout comme la façon, avant que la dernière phrase de l’extrait que j’ai cité vienne rompre enfin le déséquilibre avec ironie, faisant ressortir la porosité de la littérature par un recyclage judicieux de cette horrible expression ultra-contemporaine (en mode). Ça ne s’écroule pas. Ça ne s’arrête pas là-dessus, non plus, non, ça continue même encore un petit peu encore, mais il me semble qu’il y a là quelque chose d’intelligent. Et que c’est rare, finalement. On a tant besoin d’intelligence. L’habitude que nous avons prise de penser que si quelque chose n’est pas accessible au grand public, c’est forcément mauvais ou du moins suspect, qu’il faut le réformer dans les meilleurs délais pour le rendre accessible, nous réduit à n’être que de petites particules qui nous agitons sans que personne ne prête attention à nous. Alors que, bien sûr, c’est le chemin inverse qu’il faut faire : bien sûr que c’est très compliqué de composer une mélodie qui va te hanter toute ta vie (pense à Satie), mais ce n’est pas en te faisant croire le contraire que tu vas y arriver. N’importe qui peut y arriver, ce n’est pas là la question, parce qu’il se peut que tu n’y arrives jamais, mais ce n’est pas en te faisant croire que c’est accessible à tous (comme s’il suffisait d’être là pour y arriver, de venir comme on est, comme on dit) que tu y arriveras. Je ne pense pas que ce soit ça, la démocratie. La démagogie, peut-être.

Marketing héraclitéen. Tu as beau cliquer pour rejeter, il y en a toujours plus. Il faudrait pouvoir cocher une petite case, pour le reste de tes jours, signifiant qu’il est inutile de te montrer des publicités parce que ça ne sert rien, tu n’y es pas sensible, vous perdez votre argent, faites-en autre chose, donnez-le à vos salariés. Mais non, il y en a encore plus. Toujours plus. Une vraie question que je me pose : À quoi ça sert ? C’est de l’argent gaspillé. En plus, c’est mal ciblé. Est-ce que ce qui compte, c’est la dépense, pure, en quelque sorte ? Dépenser de l’argent pour faire de la pub, même si ça ne sert à rien ? Le marketing post-moderne retrouvant ainsi un certain archaïsme de la dépense improductive.

Hier, fini la relecture face-à-face américain / français des araignées, encore deux lectures au moins, dont une de Nelly comme toujours, et ce sera bon. Enfin, je crois. Normalement, je devrais enchaîner sur le tome 2. Avant le 3. Que de pattes.

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