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6.9.17

Tenir un journal permet au moins de savoir quel jour on est.

Sur le site de je ne sais plus trop quel organe de presse — ils se ressemblent tous, que puis-je y faire ? —, je lis que les aides pour le logement coûtent tant à l’État, et je comprends en lisant cette phrase que plus personne, en fait, ne comprend rien à rien, que si l’on confond investissement et coût, on ne peut pas faire fonctionner une économie, si l’on ne comprend pas qu’il vaut mieux que les gens soient bien logés plutôt que mal, bien nourris plutôt que mal, propres plutôt que sales, cultivés plutôt qu’abrutis, c’est qu’on ne comprend pas ce que c’est qu’une communauté politique, et puis aussi cette notion de l’État, dont on parle comme ça, telle mesure coûte tant à l’État, telle autre tant, et caetera, comme si l’État, c’était une entité qui avait une existence séparée, comme s’il existait indépendamment de cette communauté politique, comme s’il n’était pas justement cette communauté politique, comme s’il n’était pas strictement l’ensemble des buts, des moyens, des ressources qu’un certain nombre d’individus décident de se fixer et de mettre en œuvre pour y arriver, comme s’il flottait quelque part au-dessus des gens. L’État, abstraction désincarnée, mythe bâtard quelque part entre le souvenir monarchique et l’acteur principal de la guerre économique de chacun contre chacun. L’État, merveilleuse métaphore pour dire qu’on préfère effectivement que les gens soient mal logés plutôt que bien, mal nourris plutôt que bien, sales plutôt que propres, abrutis plutôt que cultivés — les gens, c’est-à-dire les autres.

Ce matin, un peu plus de 20000 signes dans l’histoire de la forêt. Soit « la fin » de la troisième partie — la partie principale — du roman. C’est la première fois que j’écris autant. C’est à la fois jouissif parce que c’est ce que je voulais faire, et qu’il y a quelque chose d’excitant dans l’effet d’accumulation, et indifférent parce qu’après tout, un peu plus un peu moins, le plus important ne se joue bien évidemment pas dans le nombre de signes. Mais je mesure tout le temps, le logiciel compte les signes et moi je consulte le compte, c’est comme ça. C’est aussi, je crois, un des facteurs qui me permettent d’avancer. On trouve des moteurs partout (comme disent les bons anarchistes méthodologiques : anything goes). Encore une partie et ce sera « fini », à supposer que cela veuille dire quelque chose, parce qu’il faudra tout relire, reprendre, recommencer — écrire.

 

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