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7.9.17

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De toute façon, c’est toujours la faute de quelqu’un d’autre. À la micro-échelle ou à la macro-échelle, c’est une structure de pensée universelle, accuser quelqu’un ou quelque chose d’autre (une personne privée, une personne morale, un État, un courant de pensée) d’être responsable d’une situation que tu ne sais pas résoudre, ou que tu n’as pas le courage de résoudre, est une structure universelle de la pensée : tu ne t’entends pas avec ta fille, c’est parce que son mari la rend malheureuse ; le chômage ne baisse pas en France, c’est à cause de l’Europe et de la mainmise allemande sur l’Europe. Évidemment, tu ne prends pas la peine de demander à ta fille si elle est heureuse ou non avec son mari pas plus que tu ne prends la peine de demander aux Allemands ce qu’ils pensent de leur part de responsabilité sur le taux de chômage en France. Et pour cause, tu pourrais avoir des surprises. Non, tu as horreur des surprises, et tu t’enfermes dans ton univers clos où tu as toujours raison, y compris quand tu as tort. Si, au moins, tu ne parlais pas tout le temps.

Ce matin, écrit d’un trait la dernière partie de l’histoire de la forêt, plus de 35000 signes en un seul jet, je ne dirais pas comme une grande éjaculation, mais ça pourrait être drôle, en effet, mais non, je ne le dirais pas surtout parce que je savais que je finirais cette semaine, une première version du texte, même si je ne savais pas ce qu’il se passerait exactement dans cette dernière partie (et dans la fin de celle qui précède non plus). Et puis, surtout tu ne relis pas tes éjaculations, ou alors c’est que tu es quand même un vrai pervers. En tout cas, moi, je ne m’attarde pas dessus alors qu’il va falloir que je m’attarde sur le texte, à présent, que je le découvre (oui, depuis que j’ai commencé l’écriture de l’histoire de la forêt, je n’ai rien relu à tel point que je ne sais même pas vraiment ce qu’il y a dans le texte, j’en ai une idée, mais une idée assez vague parce qu’entre le cœur du texte de départ — qui ne représente désormais plus qu’une partie du texte — et le texte actuel, il y a un monde d’écart), que je l’aime, que je le déteste, que je l’oublie, que je le redécouvre jusqu’au moment où je me dirai : bon maintenant ça suffit il faut que je passe à autre chose sinon je vais devenir fou. Peut-être qu’un jour, je ne pourrais pas passer à autre chose, peut-être que ce jour-là, je deviendrais fou, je m’enfoncerais peu à peu dans la folie comme dans le texte pour n’en plus jamais sortir, ni de la folie ni du texte. Puissé-je vivre longtemps encore avant que cela ne m’arrive.

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