11.9.17

Ce matin, comme chaque fois que je rumine un peu trop, j’ai fait le ménage. Cette fois non plus, ce n’était pas du luxe, les vitres du salon notamment, qui étaient à peu près opaques (j’exagère, mais elles n’avaient pas grand-chose à voir avec celles du conte). En revanche, je me suis aperçu très vite que, si l’appartement avait besoin d’être rafraîchi, mes pensées, elles, n’avaient pas vraiment besoin de l’être et qu’en fait, j’essayais de mettre de l’ordre dans mes idées alors qu’elles sont déjà en ordre (en ce moment, du moins). Ce n’est pas dans mes pensées à moi qu’il faudrait mettre de l’ordre, mais quel pouvoir ai-je sur d’autres pensées que les miennes ? J’ai quand même continué de faire le ménage, et après, comme les idées étaient claires et les fenêtres aussi, qui laissaient passer la lumière, pâle mais existante de l’automne précoce à Paris, j’ai relu à haute voix la majeure partie de l’histoire de la forêt, un peu moins de sept heures. Je n’ai pas fini, donc, c’est ce que je viens de dire, mais j’ai une idée claire à présent de ce que fait le texte, qui ne ressemble à rien de ce que j’ai fait, ce qui me réjouit évidemment parce que je ne crois pas à l’idée d’un écrivain qui écrit toujours le même livre, sans doute les écrivains ont-ils des obsessions, mais écrire toujours le même livre, ce serait tellement triste, qu’à la fin, en revanche, il y ait une œuvre, qu’on a passé un long moment à élaborer, toute une vie, en fait, c’est autre chose, mais on verra à la fin, justement. Voix cassée, sinon.