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3.1.18

Sommeil profond. Au réveil, bien d’être là, allongé sur le dos. Aucune envie de me lever. Mais de rester là, dans le noir, le vent ne souffle pas encore, au calme. Dans sa chambre, Daphné chante des chansons dans son lit. Si tout le reste, le monde, disparaissait, le regretterais-je ? Évidemment, la question est mal posée. Le monde ne disparaît pas. Du moins, s’il disparaissait, il ne disparaîtrait pas sans moi. Mais supposons qu’il le puisse, ou supposons que nous puissions demeurer sans lui, loin de lui, dans l’ignorance de lui, ce matin, par exemple, qui ne durerait pas une éternité, mais s’étendrait plutôt, se dilaterait pour composer tout ce qui existe, ce matin, par exemple, est-ce que le monde me manquerait, si je restais au lit, un peu plus longtemps que d’habitude, un matin, ce matin, par exemple, si je ne voyais pas le monde, mais simplement la pénombre de la chambre dans laquelle j’ai dormi et où je suis allongé au réveil, si je n’entendais pas le bruit du dehors, les voitures, les poubelles, pas le vent non plus, non, rien au-delà de la fenêtre, simplement, de l’autre côté du mur, les chansons que Daphné se chante le matin avant de nous appeler, Nelly ou moi, est-ce que quelque chose me manquerait ? Est-il seulement besoin de répondre ?

 

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