14.1.18

Du bris des choses, pas grand-chose à sauver. Un sentiment d’effritement, peut-être ; — destruction lente, sans flammes sang larmes ni explosion. Pas même le temps qui passe. C’est instantané, tout aussi bien. Le ciel gris s’écarte-t-il au loin ? Je ne sais pas. Je ne vois pas. Le ciel est gris au loin aussi. Or il y a plus loin toujours plus loin encor. Lumière vive, qui ne brille pas. Je ne dirai pas mate, non, mais diffuse. As-tu la sensation de la chose ou tes sensations font-elles la chose ? Un moment qui, malgré le bruit, semble de silence. Le temps, ne serait-ce qu’une poignée d’enfant de secondes, de mesurer toute l’étendue d’une passion pour les questions sans réponses. Avant, quand nous rentrions à Paris, à la fin de l’été, aller manger dans un restaurant japonais était la première chose que nous faisions, Nelly et moi. Que vient-il faire, ici, ce souvenir ? Il est là, c’est tout. Comme le reste. Comme un bateau entre au port, énorme animal blanc, qui écrase l’espace avant de disparaître derrière la presqu’île. Du bris des choses, sauver toutes celles qui peuvent l’être.

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