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17.1.18

La consultation des news de Google, le seul lien effectif que je m’accorde avec le monde réel pour ne pas avoir trop violemment l’impression de vivre en vérité dans un univers parallèle, a quelque chose d’édifiant. Sans ironie. Parce que si l’on peut bien éclater de rire en apprenant qu’une star de la télé, un expert ès téléréalité, se met en retrait de l’émission à laquelle elle participe parce qu’après avoir volé un scoop à l’un de ses concurrents, en diffusant une image où l’on voit deux stars de la téléréalité se tenir par la main, pour se venger, le concurrent en question a diffusé une vidéo de l’autre où on le voit en train de se masturber, ce rire cynique, par la proximité de cette information avec d’autres informations comme celles concernant la santé mentale de l’homme le plus puissant du monde ou l’assaut des forces de l’ordre que le gouvernement s’apprêterait à ordonner pour déloger des individus qui vivent depuis des années dans un bocage qu’ils ne veulent pas voir détruit, ne peut pas être de longue durée, supplanté qu’il est par une question assez « grave » : Comment tolérer une telle fange ? Ce n’est pas s’offrir une vertu à peu de frais que se poser une telle question. D’autant que voici une autre question qu’il conviendrait de se poser dans le même geste : Comment peut-on ne peut pas se poser une telle question ? Comment peut-on non seulement supporter l’odeur nauséabonde métaphorique que dégage le monde dans lequel nous vivons, mais encore ne pas même se demander comment il est possible de ne pas imaginer faire autrement ? Parce que, enfin, tous ceux qui participent de cette réalité, tous ceux qui contribuent à faire que cette réalité est telle qu’on la découvre dans les news propagées par Google, ces gens-là n’ont aucune raison de vouloir changer, d’imaginer qu’on puisse seulement vouloir changer — pas de chaîne, de monde —, et ceux qui se repaissent de cette réalité (soit, dans le monde occidental, l’immense majorité de la population), ratifiant ce qui s’y déroule, interdisent qu’ils puissent se produire autre chose.

La révolution n’est plus que le nom d’une vidéo sur YouTube.

Vent qui souffle à faire claquer la baie vitrée. À réveiller Daphné, qui explique, le lendemain, qu’elle a entendu le vent, la nuit. Stries blanches sur l’indigo de la mer. Lumière un peu jaune du soleil. Quelques nuages dans le ciel, un peu au-dessus de la ligne d’horizon, au-dessus de la cime des collines, mais pas au zénith, azur parfait.

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