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26.1.18

Par la baie vitrée, le garde-corps trace une frontière noire horizontale au-dessus de laquelle le ciel n’est qu’une masse compacte, opaque, grise, couleur quasi unie qu’assombrissent çà et là quelques tâches plus sombres. Je pourrais dire : On n’y voit rien, mais est-ce exact ? Peut-être n’est-ce pas ce que l’on s’attend à voir, peut-être n’est-ce pas ce que l’on entend par voir, mais à quoi faut-il le reprocher ? À l’habitude que nous avons de parler ou bien au temps qu’il fait ? À supposer, bien sûr, qu’il faille reprocher quoi que ce soit à quoi que ce soit. Peut-être, hier, s’il avait fait ce temps, peut-être me serais-je dit à moi-même : Quel temps ! On n’y voit rien du tout…, mais pas aujourd’hui, non, où j’aime à regarder, assis en tailleur sur le Chesterfield rouge le dos appuyé contre l’accoudoir face à la baie vitrée, au-dessus de la frontière noire horizontale du garde-corps, la masse grise que je croyais tout à l’heure quasi unie mais qui est en fait toujours changeante, plus ou moins sombre, plus ou moins claire, au gré des déplacements des masses nuageuses, mais aussi en même temps selon que l’on pointe son attention ici ou là, à gauche de la frontière blanche qui coupe le champ de vision en deux à la verticale, de part et d’autre des fenêtres de la baie vitrée, plus claire, presque blanche un peu ou bien, de l’autre côté, en haut à droite du champ de vision, un coin noir qui s’enfonce dans le ciel gris pâle qui se trouve tout autour, et derrière aussi, ai-je l’impression, même si je ne vois pas ce qui se trouve derrière. À supposer, bien sûr, qu’il faille reprocher quoi que ce soit à quoi que ce soit. Aujourd’hui, il me semble que je voudrais dire : J’ai appris un nouvel usage et, par là-même, une nouvelle façon de voir, sans qu’il soit nécessaire de dire ce qui vient en premier (la perception ou le langage), raison pour laquelle il n’y a rien à reprocher à rien, tout allant avec tout.

J’envierais ceux qui vivent dans un monde confortable, où chaque chose est à sa place, où les bons sont facilement identifiables et s’opposent sans jamais faillir aux méchants, où le bien se peut résumer en un slogan facilement mémorisable, s’ils n’étaient des caricaturistes qui s’ignorent.

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