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19.2.18

Cependant que je regardais le soleil se coucher entre l’immeuble de haut standing en construction et le centre commercial, une petite bête volante est venue se poser sur la vitre de la fenêtre de la cuisine. Malgré cette intrusion anesthétique, je n’ai pas paniqué. Je suis allé prendre une feuille de papier essuie-tout et avec, j’ai écrasé la bête. Ensuite, j’ai jeté l’ensemble, la bête dans le papier écrasée, à la poubelle. Je suis retourné à mon poste d’observation crépusculaire, mais le moment était passé. Le soleil était toujours en train de se coucher, mais je n’avais plus envie de regarder. Quand je me tenais derrière la fenêtre, avant l’intrusion de la bête, je n’avais pas particulièrement envie de regarder le soleil se coucher. Je ne crois pas à la poésie de ce genre de moments, même s’ils peuvent effectivement être beaux, je ne les ai jamais trouvés sublimes, ou alors je ne m’en souviens pas. Peut-être que je cherchais quelque chose, au milieu des immeubles en béton, pas une survivance, non, une possibilité. Mais la seule possibilité qui s’est réalisée, c’est la petite bête volante qui s’est posée sur la vitre de la fenêtre de la cuisine.

Ezra Pound, The Lake Isle :

O God, O Venus, O Mercury, patron of thieves,
Lend me a little tabacco-shop,
or install me in any profession
Save this damn’d profession of writing,
where one needs one’s brain all the time.

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