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2.3.18

Orage de grêle, ce matin. Pourtant, en ouvrant les volets, un peu avant, le ciel était relativement clair pour un ciel nuageux. Et puis, presque imperceptiblement, il est devenu noir, gris ardoise, a dit Nelly, presque bleu, ai-je dit, pour ma part. Bientôt, le billes de glace ont frappé la vitre, recouvert la terre du petit olivier. Le ciel s’est éclairci à nouveau, toujours nuageux, mais plus calme. C’était fini.

Dans son livre sur Nietzsche à Nice, Pierre Parlant rapporte ces propos d’Andrea Zanzotto : « La météo est le dernier refuge des dieux. »

Pourquoi le plaisir que me procure l’écriture à la main de poèmes dans mon carnet gris est-il si grand ? C’est-à-dire, je crois, plus grand que le plaisir que me procure l’écriture de toute autre forme sous toute autre forme ? Mais non, plaisir, ce n’est pas du tout le mot qui convient. C’est celui qui m’est venu en premier, oui, mais ce n’est pas un plaisir, du moins pas au sens d’une satisfaction qui procurerait une certaine quantité de bien-être, et ce n’est pas orgasmique non plus. Non, c’est autre chose. Quelque chose qui ne peut pas être paraphrasé ? Peut-être. Disons plus justement que je ne peux pas remplacer cette activité par une autre activité. Je n’y peux rien substituer. Et je sens que je ne peux pas la supprimer non plus. Elle est nécessaire. Il est nécessaire de procéder de cette façon-là. Mais ce n’est pas encore ça. Il y a autre chose : le sentiment de faire quelque chose qui a un sens plein, qui est un sens en soi. C’est quoi, ça, être un sens ? Quelque chose de plus qu’avoir un sens ? De plus ? Non. Disons que le sens, pour moi, c’est ça : écrire des poèmes dans mon carnet. Tout le reste n’étant qu’un ersatz du sens pris en ce sens-là.

(Il y a des tas de livres, mais je n’ai envie d’en lire aucun.)

Difficile de se sentir concerné. Les passions, les rages, les haines, les angoisses, les amours semblent dérisoires. Tout ce qui agite le monde, passablement ridicule. Farce ? Peut-être. Mauvaise comédie. Rires gras. En tout cas, nulle envie d’en faire partie. Même pas la peine de faire l’effort de s’en extraire. Tu te sens déjà étranger. C’est beau ? Je ne sais pas si c’est beau. Je crois, en revanche, que ce n’est pas sans danger — il n’y a pas de voyage retour.     

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