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26.3.18

Ce que, par idéologie, on cache sous le nom d’une autre idéologie, ce qu’ainsi on appelle à présent capitalisme ou néo-libéralisme doit être en quelque sorte dévoilé pour qu’on en perçoive la véritable nature. Ce que se cachent de tels noms sous le voile de l’idéologie, c’est une nouvelle société, une société marchande, la société payante. Or une telle société ne vient pas à l’existence parce qu’un petit groupe d’idéologues plus ou moins bien intentionnés le décident, mais parce que les membres de la société le souhaitent et l’acceptent. La création, par exemple, de services à la personne pour combler le vide laissé par la disparition de la solidarité mécanique ne se décrète pas, elle est le résultat d’un processus où se croisent deux tendances : l’idée que la perte de capital ou sa stabilité est un contresens (toute entreprise doit rapporter plus d’argent qu’elle n’en coûte et il ne peut même pas y avoir de jeu à somme nulle) et qu’il est rationnel de payer pour des tâches que l’on peut effectuer cependant effectuer soi-même. La destruction du lien social est ainsi désirée par les individus eux-mêmes, elle participe de la normalisation / naturalisation de tous les comportements qui pouvaient être considérés précédemment comme immoraux, déviants, etc. Si l’individu est en tant que tel parfait — mieux : si tous les individus en tant que tels sont parfaits, il n’y a aucune raison que l’un d’entre eux consacre une quelconque partie de son temps à autre chose qu’au culte de lui-même. Ce culte de soi — qui est l’exact opposé de la culture de soi — interdit toute société autre que de services, de relations contractuelles et tarifées entre les individus. Pour le dire sans trembler, c’est la société de la prostitution généralisée.

the way to end a poem
like this
is to become suddenly
quiet.
— Charles Bukowski, « love & fame & death »

Tu deviens meilleur le jour où tu comprends qu’il n’y a pas de remède que de toute façon tu vas mourir quoi qu’il arrive mais que ce n’est pas une raison suffisante de désespérer de tout. Je veux dire : c’est une bonne raison de désespérer de tout, mais ce n’est pas la peine, tu ne rendras pas le monde meilleur en désespérant de tout et tu ne cesseras pas de désespérer en te jetant à corps perdu dans une cause et tu ne sauveras pas non plus ta peau en te foutant de tout. Il n’y a pas de remède. Il n’y a pas de solution. Mais ce n’est pas une raison de ne pas continuer.

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