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2.5.18

Si la violence des black blocs peut se comprendre comme une réponse justifiée mais illégitime à la violence de la société contemporaine (justifiée parce qu’elle aurait la justice pour elle quand même elle ne serait pas légitime car elle n’aurait pas la loi pour elle), il n’en demeure pas moins qu’elle est purement et simplement vaine. Comment, en effet, la destruction d’une enseigne d’un groupe multinational pourrait-elle avoir le moindre poids face aux millions d’heures de publicité, de présence médiatique, d’occupation des esprits achetées par ce même groupe ? Or c’est bien cette vanité de l’action qui est problématique. Non pas une action ponctuelle, locale, ciblée, mais la vanité de toute action dans un monde où les esprits sont occupés par un imaginaire produit par les groupes multinationaux. Il est aussi difficile de décoloniser un esprit que de décoloniser un pays, alors des milliards, imaginez. Toute action est vaine dans un monde où les jugements sont déjà rendus, les règles énoncées, les analyses conduites, les grilles de lecture tracées, les décisions prises, un monde où les jeux sont faits. L’action est vaine. La réalité est verrouillée. Tout est bouclé. La guérilla ne peut plus être urbaine, car elle est toujours d’emblée condamnée à l’échec, par l’opinion, à l’échec à cause même de l’opinion. La seule guérilla possible, en l’état actuel des choses, c’est une guérilla imaginaire, une guérilla de l’imaginaire, qui ne s’en prenne pas à la devanture des magasins, mais à la facture même des esprits, des pensées, des idées, des opinions d’où sortent ces magasins. Il ne sert à rien de fracturer la porte d’une entreprise s’il y en a cent mille autres. C’est la porte de l’imaginaire qu’il faut fracturer parce qu’elle s’ouvre sur d’autres possibles, et qu’elle déverrouille d’autres portes à sa suite. La guérilla de l’imaginaire est une lutte pour désarmer l’emprise, l’empire en pire, l’organisation externe et orientée de nos façons de voir, la structuration monétaire de nos habitudes de penser.

9,01 km dit le registre des courses. Sous la pluie. À Marseille. Le 2 mai. Qu’importe ? Mieux après qu’avant. C’est comme ça que je me sens.

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