16.5.18

Le problème, ce n’est pas la relation du relativiste au monde, mais que tout le monde ne soit pas relativiste.

Ceux qui ne doutent pas. Ceux qui n’imaginent pas qu’ils pourraient se tromper. Fléaux.

Leurs sourires m’angoissent, muraille d’émail qui barre l’horizon. Barre HLM inversée. Armée de dents dressées, barrière de bienveillance, de joie, de bonheur — factices. Toutes blanches. Elles ne te mentent pas, non : l’empire factice commence ici. L’empire véridique commence ici.

Fatigue, ces derniers jours. Envie de dormir tout le temps. Chercher des idées que je ne parviens pas à trouver. Ou plutôt : je suis après des idées que je n’ai pas les moyens de suivre. Pluie aussi. Pas mis le nez dehors. Pas travaillé. Il va falloir que je m’y remette, mais je n’en ai pas vraiment envie. Bien sûr, ce qu’il s’est produit avec l’éditrice m’a profondément découragé, comme la preuve qu’on ne peut décidément avoir confiance en personne — personne —, comme l’indice que le monde est résolument pourri, que tu peux certes foncer tête baissée et feindre de ne pas le voir (la plupart font ça, n’est-ce pas ?), mais si tu ne fais pas semblant, comment t’en remettre ? Concrètement, d’ailleurs. Comment te remettre au travail ? Sans illusions, ça risque d’être épuisant. Pas l’énergie pour. Pas en ce moment. Dans quelques jours, peut-être. Il faudrait.

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