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25.5.18

Tout à l’heure, en descendant au parking du supermarché où j’étais allé faire les courses familiales, en début d’après-midi, pour reprendre la voiture afin de rentrer à la maison, j’ai cru qu’on me l’avait volée. J’ai poussé un petit cri de surprise, étouffé, certes, je suis bien élevé, mais un petit cri quand même, et j’ai posé mes paquets par terre, regardant autour de moi, l’air désemparé ou ahuri, je ne sais pas je ne me suis pas vu, avant d’envisager la succession des événements déclenchés par cette nouvelle réalité, ou absence plutôt de réalité. Appeler Nelly, se rendre au PC sécurité pour demander à visionner les images de vidéosurveillance, déclarer le vol de la voiture, prendre contact avec l’assurance, installer le vieux siège auto dans l’autre voiture, refaire une paire de lunettes de soleil à ma vue, passer pour un imbécile. Ainsi de suite, donc, ou à peu près. Après avoir parcouru la chaîne des raisons qui me séparaient de la disparition non désirée de la voiture à mon nouveau statut d’imbécile qui se plaint de l’insécurité radicale du monde (On ne peut même plus aller faire ses courses au supermarché ! Non mais vous vous rendez compte. Est-ce que vous vous rendez compte ? Je ne crois pas que vous vous en rendiez bien compte…), je me suis retourné et dit : Si ça se trouve, ce n’est peut-être pas le bon parking. J’ai repris les paquets que j’avais posés sur le sol du parking et je suis revenu sur mes pas pour constater qu’en effet ce n’était peut-être pas le bon parking. J’ai par suite repris l’ascenseur — que je ne prends jamais, mais que j’avais été contraint de prendre parce que la porte mécanique qui permet d’accéder aux escaliers était hors-service, comble du paradoxe automatique —, je suis remonté au niveau 0 parce que quelqu’un avait appelé l’ascenseur, ai discuté avec la dame qui venait de monter pour que je me semble à moi-même un peu moins crétin, et je suis descendu au niveau -2 (pas le niveau -1 comme lors de la première descente aux Enfers), j’ai marché jusqu’à la place où j’avais garé la voiture et je l’ai trouvée, comme si elle n’avait jamais bougé, et de fait.

Dans la vie, tout est une question de carrefour.

Ligeti Musica Ricercata Pierre-Laurent Aimard.

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