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20.10.18

Le monde, ou plus modestement peut-être, l’époque ressemble à deux vieilles bonnes femmes qui déclament sur scène les textes d’un poète mort depuis bientôt un demi-siècle sur fond de musique rock. Tu te demandes pourquoi ? mais ce n’est pas la peine de répondre, ça marche. Tout s’efface, s’écrase, paraît minuscule devant le succès. Passé un certain seuil, il n’y a plus rien à dire, plus rien à faire, seuls comptent les acclamations de la foule en masse assemblée.

Malheur à celui qui n’a que des questions à poser.

L’époque est affamée de réponses, qu’elle va chercher partout, par tous les moyens, dans le présent, le passé, l’avenir, dans toutes les méthodes, tous les cultes, toutes les hygiènes, multipliant les dogmes au point de s’étourdir et de ne plus rien comprendre à rien. Pourquoi toutes ces réponses ne me soulagent pas ? demanderait l’époque si elle pouvait s’interroger, au lieu de quoi elle fonce tête baissée vers Dieuséhou.

Ce matin, j’ai bu un café au Foch, là où j’ai passé une bonne partie de mon temps lors de ma première première année de lycée. Pas au Derby, qui était juste en face, mais était comme un pays étranger. Même si le café n’était pas très bon, j’ai esquissé un sourire et puis ça suffit ; les souvenirs non plus n’étaient pas très bons.

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