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19.12.18

Ce matin, je suis allé courir, comme tous les jours, c’est l’idée que j’ai eue, courir moins longtemps plus souvent, pour ne pas être cet horrible sédentaire que je deviens malgré moi, par paresse, sortir, prendre l’air, transpirer, ça vaut ce que ça vaut, mais c’est ce que j’ai trouvé de mieux jusqu’à présent. Tous les jours, donc, moins longtemps, entre 5 et 7 kilomètres. Ce matin, j’ai couru 5 kilomètres, distance plus faible, mais 1 minute plus vite (GPS en main) que lundi. C’est ridicule de dire ça, je perçois parfaitement le ridicule de ça, je ne m’adonne pas librement au culte hédoniste physique du moi à sculpter en faisant de la gym, mais c’est bon. Comme il pleuvait (fort) et qu’il y avait du vent (fort), c’était encore meilleur, comme un lavage de cerveau, me suis-je dit vers la fin. Mais non, me suis-je répondu, ce n’est pas un lavage de cerveau. Mais si, mais bien. C’est-à-dire que je lave mon propre cerveau, je fais le ménage dans les pensées, les idées, les rancœurs, les haines, les colères, les angoisses, il y a tant de sentiments qui se croisent, s’entrechoquent, se recoupent, se chevauchent dans un esprit, qu’il est bon de faire le ménage régulièrement. Au grand air, sous la pluie, il n’y avait pas grand-monde dehors, dans les voitures, oui, mais dans le parc, non. Un homme que j’ai croisé, il courait lui aussi, il m’a dit bonjour, moi non, je n’ai pas eu le temps de lui répondre. Pourquoi est-ce que je raconte ça ? Peut-être parce que j’étais angoissé à l’idée d’aller chez le dentiste l’après-midi, ce qui, en soi, n’a aucun intérêt, mais on se fait des montagnes de rien, ça prend des proportions absolument monstrueuses, parce que je ne crois pas que ce soit toujours une chance d’avoir de l’imagination. Quand j’étais enfant, j’imaginais mes parents morts, et la vie que je mènerais sans eux. Quand ma mère est morte, j’ai eu beaucoup moins d’imagination pour savoir comment vivre sans elle (je n’ai toujours pas trouvé, j’ai simplement dû faire avec, quelle horreur de faire avec faire sans). La réalité avait rattrapé la fiction et il m’apparaissait clairement qu’il n’est pas toujours bon d’avoir de l’imagination. Ce peut être tragique d’être rattrapé par la tragédie qu’on avait imaginée. Je suis allé courir pour exorciser ça, et tant d’autres choses encore. Enfin, exorciser, non, ce n’est pas le verbe qui convient, je ne suis pas possédé. Pour faire le ménage, comme je l’ai dit, c’est plus prosaïque, mais c’est aussi plus juste. Remarque comme tout peut finir en réflexion sur le langage. Qui est aussi une réflexion sur l’existence, la vie que tu mènes, les maux dont tu souffres et dont il faut bien que tu trouves les moins de guérir. Une thérapie comme on dit.

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