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14.2.19

15 ans jour pour jour.

Tout à l’heure, par hasard, je suis tombé sur une liste de membres du jury d’un prix littéraire, et je me suis demandé si c’était une blague alors qu’en fait même si cette liste avait été une blague elle n’aurait pas été drôle. Parmi ces gens, il y en avait pour qui j’ai fait le larbin quand j’étais factotum à SGDP, Paris, France, d’autres qui étaient le mari de femmes pour qui j’avais fait le larbin, d’autres qui avaient des noms qui devaient être ceux d’anciennes familles, descendants d’ancêtres à qui, Dieu seul sait pourquoi, les fous de la Révolution n’ont pas coupé la tête, enfin tout un petit monde de personnalités comme on dit, tout un petit monde qui m’a paru bizarre tout d’un coup comme si je savais ce que cela voulait dire tout en ne comprenant pas ce que j’avais sous les yeux, comme si je connaissais le sens de ce que je lisais mais que je ne le comprenais pas. Tout à l’heure, tout à l’heure avant tout à l’heure, tout à l’heure, après être allé courir (plutôt vite, temps magnifique, lumière pure), je me suis dit que c’en était fini de la Vie sociale, que je n’essaierai plus de publier ce roman, que si quelqu’un en veut, tant mieux, si personne n’en veut, tant pis. Ce n’est plus mon problème. J’ai écrit ce livre, il existe, il est là, quelques personnes parmi celles qui l’ont lu m’ont dit que c’était bien, les éditeurs de profession m’en ont dit du mal, ou qu’ils s’en foutaient pas mal, et d’autres, pas mal d’autres, ne prennent même pas la peine de me répondre. Alors, comme ils ne prennent même pas la peine de me répondre, moi, je me suis dit, moi, je ne vais plus prendre la peine de leur parler. C’est comme ça. Ne crois pas que je n’écrive plus, non. Au contraire. Débarrassé de ce poids mort, je ne fais que ça. Habitacles sans arrêt. Mais la Vie sociale, je l’ai enterrée. À ce moment précis, à la question, est-ce que je chercherai encore à publier mes textes ? la réponse est non. Je me servirai de ma petite imprimerie parallèle pour imprimer des textes (qu’il faudra bien que je me décide à vendre, parce que, comme je l’ai dit à quelqu’un il y a quelques jours, je ne suis pas assez riche pour me ruiner — malheureusement, ajouterais-je à présent), mais envoyer des manuscrits à des gens en attendant que, peut-être, ils daignent me répondre et vivre dans l’espoir que cette réponse soit favorable, comme on dit, non. Basta così ! disait ma grand-mère maternelle quand elle était vraiment en colère. Moi, je ne suis pas en colère. Mais ça suffit quand même.

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