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1.6.19

Cette nuit, je m’en souviens parce que j’étais en plein rêve quand Daphné nous a réveillés, Nelly et moi, ce matin un peu avant 6h30, cette nuit, j’ai rêvé que je suivais des cours dans d’immenses bâtiments en béton ensoleillé avec feu mon éditrice EW et qu’au lieu de me donner des cours de latin, comme je le lui demandais avec insistance (vous vous rendez compte si on passait tout ce temps à apprendre le latin), elle voulait à tout prix que je suive une sorte de thérapie pour soigner ma prétendue dépression causée par le stress post-sevrage tabagique. J’avais beau lui dire que je ne souffrais pas de stress post-sevrage tabagique, elle voulait absolument que je signe des documents par lesquels je m’engageais à suivre cette thérapie. C’était absurde, lui disais-je, j’ai arrêté de fumer sans effort, aucun, du jour au lendemain, oui, littéralement, mais elle ne voulait rien entendre. C’était un de ces rêves sans fin, dont on n’envisage pas l’issue probablement parce qu’il n’y a pas d’issue, parce qu’ils expriment une situation qui n’a pas besoin d’être résolue, parfois nous ne nous comprenons pas, et il n’y a rien que nous puissions y faire, nous ne pouvons pas nous entendre avec tout le monde. Mais ce n’est pas une interprétation. Au déjeuner, à une table non loin de la nôtre, deux femmes fumaient, l’une, surtout, qui enchaînait cigarette sur cigarette. Ce n’était pas insoutenable, non, ce n’était pas agréable non plus, non, mais je me suis dit surtout si j’avais su que ça sentait si mauvais, je n’aurais jamais fumé, phrase qui, d’un certain point de vue, pouvait paraître absurde, j’aurais pu m’en rendre compte plus tôt, que la fumée de cigarette, ça sent mauvais, mais ne l’est pas complètement parce que, d’un autre point de vue, je n’ai jamais commencé de fumer, j’ai toujours fumé, mon père fumant, l’odeur de la fumée de cigarette était dans l’ordre des choses jusqu’à ce qu’un jour, je me rende compte que, non, ce n’est pas dans l’ordre des choses, cette odeur, ça pue, après avoir arrêté de fumer moi-même et nettoyer mes sens de cette pollution toxique. Ce n’était pas ce dont parlait le rêve, mais j’avais envie d’en parler, moi, d’autant que mon rêve m’en donnait tout de même l’occasion, j’avais envie de me confier à moi-même qu’on peut changer — rien n’empêche de changer que l’absence d’envie de changer. Le rêve, au contraire, je crois, parlait du conte qui paraîtra dans la revue. Et de la frustration que j’essaie de surmonter. Et de toutes les idées que j’ai, que je fabrique, que je m’efforce d’inventer, tous les jours que Dieu fait, histoire de ne pas mourir comme un con.

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