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5.6.19

Est-ce parce qu’on s’imagine que le sens de la vie doit être quelque chose d’extraordinaire qu’on s’imagine que les épiphanies elles aussi doivent être extraordinaires ? Mais se lever un matin et décider d’arrêter de fumer, prendre la résolution de ne plus manger et boire à outrance parce qu’on vient de s’apercevoir qu’on était obèse, commencer à tenir un journal et ne pas s’arrêter, percevoir que même si le monde est pourri et que les gens sont des cons la vie est belle quand même, toutes ces expériences, et bien d’autres encore, ne sont-elles pas des épiphanies ? Non qu’elles soient banales, mais les épiphanies ne peuvent-elles pas être simples, faciles, juste là, des expériences qui attendent d’être faites et que l’on fait ? Ce n’est peut-être pas la chose commune à se dire quand on passe l’aspirateur, en effet, mais c’est ce que je me suis dit. Je me l’étais déjà dit, un peu avant, d’abord, et ça a continué : pourquoi le sens de la vie devrait-il être extraordinaire alors que la vie, elle, n’a rien d’extraordinaire ? On a beau s’efforcer de vendre des destins, des héros, et autres demi-dieux, dès qu’on y regarde d’un peu plus près, on découvre qu’il n’y là que des hasards, des pauvres types et des imbéciles pétris de tendances à l’érotomanie autocentrée. Pourquoi le sens de la vie serait-il extraordinaire ? Et surtout, à quoi nous servirait-il, ce sens, s’il l’était, s’il était étranger à nos vies ? Que puis-je bien faire d’un sens qui me soit étranger ? Me disant cela, étais-je en train de faire l’apologie du petit, de l’humble, de la médiocrité ? Non, je ne crois pas. En tout cas, ce n’est pas ce que je veux dire. Ce qui est petit est synonyme de ce qui est médiocre, inintéressant, commun, ne sentant pas très bon, et les humbles sont généralement des crétins qu’on exploite sans qu’ils s’en rendent compte (ou alors ils affectent de ne pas). Autant de choses que je n’aime pas. Mais je ne peux pas croire aux destins, aux héros et aux demi-dieux. Cela, n’est-ce pas aussi une épiphanie ?

À propos du mal et d’un magazine. — Le mal sur papier glacé est-il meilleur parce qu’il a l’air beau ou est-il pire de s’afficher ainsi dans toute sa photogénie kitsch ?

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