comment 1

5.7.19

Qu’est-ce que ? Non rien. Est-ce que ? Quoi ? Quoi quoi ? Quoi quoi quoi quoi ? Batracien, tu perds to sang-froid. Tout ça, tu vois, tout ça, c’est la faute de la culture populaire. Quoi ? La popularisation de la culture, c’est de la faute de la culture populaire. Ah ? Non, je n’ai pas compris. Tout ça, c’est la faute de la culture populaire. Mais tout ça quoi ? Qu’est-ce que tu veux dire ? Je ne sais pas. Je me suis dit que je devrais dire quelque chose comme ça. Mais je ne sais pas très bien pourquoi. Ce matin, je me suis posé la question suivante (je cite) : Qu’est-ce que je pourrais bien écouter qui ne soit ni vulgairement populaire ni prétentieusement intellectuel ? Comme musique, je veux dire. Et sais-tu ce que je me suis répondu ? Non. Rien. Je ne me suis rien répondu. Je n’avais rien à répondre parce que ni ni il n’y en a pas, il n’y a que du ou bien ou bien. C’est terrible, tu ne trouves pas ? Je ne sais pas. Qu’est-ce que tu ne sais pas ? Je crois que je ne comprends pas. Tu crois que tu ne comprends pas, non mais tu te rends compte de l’énormité de la phrase. Non. Bien sûr que non. Je vais te dire. Le fait qu’il n’y ait pas de ni ni mais que du ou bien ou bien, je ne me suis pas dit ça tout de suite, je ne me suis pas dit non plus tout de suite que c’était la faute de la culture populaire. Et maintenant que j’y pense, à vrai dire, je ne sais pas très bien la faute de quoi ou de qui c’est ? Mais je crois que c’est ou bien ou bien. Ou bien tu fais quelque chose de vulgairement populaire dans l’espoir de devenir immensément riche ou bien tu fais quelque chose d’intellectuellement prétentieux et tout ce qui risque de t’arriver, c’est de finir comme un clochard. C’est gai. Comment ? Non, je disais c’est gai. Je ne trouve pas. Non. C’était ironique. Ah, tu fais dans l’ironie, toi, maintenant ? On se débrouille comme on peut. Pardonne-moi d’être bêtement littéral, mais non, on ne se débrouille même pas comme on peut. On ne peut plus rien. C’est comme Priape qui bande pour rien. Tu ne sais même pas pourquoi tu fais ce que tu fais. Pour mourir inconnu ou pour engraisser quelqu’un de plus riche que toi. Les plus grandes fortunes de France, d’Europe, du Monde, de l’Univers. C’est grand, l’univers. Oui, trop grand pour toi et moi, ça, c’est sûr. Je me contenterais d’un jardin. Même ça, tu n’en as probablement pas les moyens. Tout à l’heure, en allant chez le dentiste, j’ai repensé au jardin de notre tante Fine. Enfin, c’était la tante de mon père. Elle s’appelait Joséphine. Tatie Fine, quoi. Un jardin méditerranéen, dans mon souvenir, c’en était un, avec un figuier. C’est mon premier souvenir de jardin. C’était il y a si longtemps. Je ne dirais pas que je m’en souviens bien, mais je me souviens quand même de quelque chose, d’une atmosphère, oui, je dirais que c’est ça, une atmosphère. Et alors, pourquoi est-ce que tu me parles de ça ? Je ne sais pas. C’est beau, un jardin méditerranéen. Ou autre. C’est peut-être le seul endroit où l’on peut être heureux. Et je ne pense pas comme Voltaire, non, ce n’est pas ça que je veux dire. Même si. Même si quoi ? Même si si les gens se contentaient de cultiver leur jardin — et par cultiver leur jardin, moi, j’entends cultiver littéralement leur jardin —, si les gens se contentaient de cultiver leur jardin littéral, nous aurions des chances d’être heureux. Encore faut-il que tous aient un jardin. Oui, précisément. Comment ça précisément ? C’est ce que je voulais dire par ce que j’ai dit. Ah. Oui. Bon. En effet. Je pourrais continuer comme ça. Tu crois ? Je ne crois pas, non, je le sais. Alors pourquoi est-ce que tu ne le fais pas ? C’est une bonne question, tu sais. Peut-être que je vais m’y mettre sérieusement. Sérieusement, non. Comment ça, non ? Non. Si tu le fais, fais-le simplement. Tout simplement. Et comment ça s’appellerait ? Chut. Tu ne sais pas ? Si mais chut. Ça porte malheur. Tu es superstitieux maintenant ? Et pourquoi pas ? Et pourquoi pas ?

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