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5.8.19

Faut-il sauver le monde ? Ce monde, n’importe quel monde, le monde en général. Et puis, ça veut dire quoi sauver le monde ? Le transformer radicalement pour faire un monde meilleur ? C’est quoi, un monde meilleur ? Un monde bio ? Est-ce l’idéal de notre civilisation, un monde bio ? Je me souviens, un été que nous avions passé en Italie, à la RAI (radio), j’avais entendu une voix disserter sur la ressemblance et la différence entre bio et dio. Inaudible en français, cette proximité est-elle pourtant étrangère à notre façon de penser ? Ce qu’on a pris l’habitude d’appeler la collapsologie ressemble à s’y méprendre à une eschatologie. Il faut se transformer pour se rédimer, le salut personnel et le salut mondial se confondant dans une grande réforme de la vie : végétarisme, fin du progrès, fraternité avec les animaux (qui accéderaient au statut d’êtres humains comme les autres). Une grande mutation pour le salut. L’âme et Dieu ont disparu du tableau collapsologique, remplacés par le corps et la nature, mais le moteur du mécanisme est le même : la peur de la mort, de la destruction, du feu qui brûle. S’il y a bien un progrès technique, scientifique (même négatif, ce n’est pas la question), en revanche, il n’y a pas de progrès moral. Le fait d’intégrer plus d’individus dans l’humanité peut sembler, d’un certain point de vue, un progrès, sauf que la façon dont on traite les individus qui font partie de l’humanité est toujours la même. Il y a plus de membres de l’humanité, mais l’humanité est toujours la même. L’humanité est toujours plus nombreuse, mais elle est toujours égale à elle-même. Ce qui ressemble à un paradoxe n’en a que l’apparence. Il y a un progrès intellectuel (qui va de pair avec le progrès scientifique, technique), on comprend mieux les autres parce qu’on parvient à les décrire d’une façon qui fait qu’ils nous ressemblent, mais nous-mêmes, nous ne savons pas quoi faire de nous, ou plutôt, nous nous faisons toujours la même chose ; il y a un progrès intellectuel, mais il n’y a pas de progrès moral. L’humanité est plus grande, mais elle n’est pas devenue meilleure. On pourrait m’objecter qu’intégrer plus d’individus dans l’humanité est un progrès moral, mais je ne crois pas que ce soit exact. Intégrer toujours plus d’individus dans l’humanité peut être considéré comme un progrès dans notre relation à l’autre, mais non dans notre relation à soi. Ainsi, n’est-il pas étonnant de voir des défenseurs des droits des animaux afficher le plus grand mépris, voire la plus grande haine (avec les violences physiques qui accompagnent ce sentiment), à l’encontre de ceux qui mangent les animaux. C’est qu’on perçoit bien l’altérité, et on veut la nier (faire des animaux des personnes avec les droits dont ce statut permet de jouir), mais on ne comprend toujours rien à ce que l’on est, soi, si l’on veut à ce que c’est qu’un être humain, on agit toujours avec les mêmes mécanismes, les mêmes ressorts : la peur, la haine, etc. : Repentez-vous, sinon vous allez tous mourir. Toujours la même rengaine, nous n’avons pas avancé d’un pas.

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