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6.8.19

Dans la librairie à Orléans, tout à l’heure, j’ai eu l’impression que les livres en vente avaient tous été écrits par des gens qui passaient à la télévision. C’était manifeste, du moins, moi, j’ai trouvé que c’était manifeste. C’était une très grande librairie, mais j’ai eu l’impression qu’il n’y avait rien dedans, que des livres que je n’avais pas envie de lire, des choses comme ça, laides, des choses dont tu te dis comme ça, mais non mais ce n’est pas possible que les gens lisent ça. Mais si, mais si. C’est sans doute parce que je suis jaloux, en tout cas, jamais de la vie je n’achèterai ce genre de livres, honnêtement, je crois qu’il vaut mieux ne rien lire du tout plutôt que de lire ça, ne rien lire, jamais. Je ne suis pas du genre à prendre les lecteurs à partie, les gens font ce qu’ils veulent de leur argent, après tout, ce n’est pas le mien, les exhorter à lire mieux, non, tout ce que j’ai fait, c’est une moue, comme ça, un peu dubitative, un peu dégoûté, un peu comme celle que l’on fait quand on se trouve dans un endroit pas très propre et qu’on n’ose toucher les choses, parce qu’on est obligé par leur force même de les toucher, les choses, que du bout des ongles des doigts, tout en manifestant ostensiblement qu’on le fait parce qu’on y est obligé et qu’on trouve cela passablement sale, et puis je suis sorti sans rien acheter. Nelly cherchait une encyclopédie sur l’Égypte antique pour Daphné, elle a demandé à une vendeuse si elle l’avait, elle lui a répondu que non, qu’elle l’avait vendue, qu’il fallait la commander, parce que, apparemment, quand on vend un livre dans une librairie, on n’a pas l’idée d’en commander un autre exemplaire au cas où quelqu’un d’autre voudrait aussi l’acheter. Apparemment, le théorème si quelqu’un achète x, il est probable que quelqu’un d’autre voudra ce même x n’est pas un théorème de libraire. Et puis, c’est toujours les mêmes livres des mêmes éditeurs qu’on trouve, les mêmes couvertures, les mêmes histoires, les mêmes têtes, bref. Cela n’a aucune importance, à vrai dire. Ce qui en a, en revanche, ce sont ces deux abeilles qui m’ont piqué tout à l’heure, je l’ai bien cherché, je crois, avant il y avait une ruche à l’endroit par où je suis passé, et j’avais échappé de peu à la piqûre, la semaine dernière, mais comme elle n’y était plus, la ruche, je me suis dit que j’allais de nouveau passer par là, que je ne craignais plus rien, sauf que je craignais quelque chose, enfin, je ne craignais pas ce que j’aurais dû craindre, je ne craignais rien alors que j’aurais dû, la semaine dernière, j’avais réussi à semer les abeilles, en sprintant, mais cette fois, non, une piqûre au-dessus du coude, une autre en haut de la nuque, celle-là, l’abeille s’est prise dans mes cheveux, les cheveux de la Méduse, me suis-je dit ensuite, faisant le malin, elle aurait mieux fait de ne jamais s’y perdre, mais elle ne savait pas qu’elle n’en ressortirait que morte. Comme ça me gênait un peu, une ou deux heures après, j’ai demandé à Nelly de regarder dans mes cheveux. Elle m’a enlevé un petit dard qui était resté planté là. Mais ne m’avait pas empêché de terminer ma course quotidienne. Des péripéties sans aventure.

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