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13.8.19

J’ai retrouvé la citation d’Antonioni que je cherchais (entendue dans un Mardi du cinéma de Jean Daive). Voici ce qu’il dit : « Quand je ne sais que faire, je commence à regarder. Pour cela aussi, il y a une technique, ou plutôt il y en a plusieurs. Moi, j’ai la mienne, qui consiste à remonter à partir d’une série d’images à un état de choses. L’expérience m’a appris que, lorsqu’une intuition est belle, elle est également juste. Je ne sais pourquoi. Wittgenstein le savait. » Et puis, j’ai cherché d’où elle venait (parce que je suis un maniaque des sources), et j’ai trouvé. C’est dans un livre intitulé Quel bowling sul Tevere(Ce bowling sur le Tibre). Voici ce qu’Antonioni écrivait : « Qualche anno fa mi trovavo a Roma per caso e non sapevo cosa fare. Quando non so cosa fare incomincio a guardare. C’è una tecnica anche per questo, o meglio ce ne sono tante. Io ho la mia. Che consiste nel risalire da una serie di immagini a uno stato di cose. L’esperienza mi insegna che quando una intuizione è bella, è anche giusta. Non so perché. Wittgenstein lo sapeva. »

J’avais écrit cette page du journal, ainsi que la page de la veille, à la suite d’un autre texte que je suis en train d’écrire. Je m’en suis aperçu à l’instant alors que je voulais changer de fichier pour écrire dans l’autre. Ce n’était pas forcément incongru, au contraire, et d’ailleurs, tout ce que je devais faire consistait à couper les premières phrases de ce journal que j’ai écrites aujourd’hui pour les coller dans le fichier de l’autre texte parce que c’est à cet autre texte qu’elles appartiennent et non à celui-ci. Ce qui signifie que, à vrai dire, il n’y a pas de différence entre les textes que j’écris. On pourrait tous les coller les uns à la suite des autres. C’est comme cela, d’ailleurs, collés les uns à la suite des autres, qu’ils ont le plus de sens. Pris petit bout par petit bout, ils ont du sens, probablement, je l’espère, en tout cas, mais ce bout n’est jamais que le petit bout de la lorgnette. Il y en a un autre, d’ensemble, un point de vue d’où on voit comment tout se tient, tout circule, depuis les premières phrases que j’ai écrites et que j’ai conservées. Les livres (publiés ou non), les carnets, les mémoires, les poèmes, les traductions (celles que j’ai décidé de faire ou qui découlent de celles-là), tout, on ne comprend rien sans tout.

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