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9.10.19

Réveillé vers 5 heures du matin. Debout vers 6. Au travail vers 7. Travaillé 5 heures de suite, presque sans respirer, à peine le temps de faire un potage (oignons, poireaux, pommes de terre, carottes), pour finir de traduire le premier volume de Morty à Middelburg. Un peu plus d’une semaine d’avance sur le programme prévu, histoire de partir à Naples, l’esprit libre, enfin libre, libre de ça, au moins, avant d’y replonger après pour tout relire — tâche qui me semble immense, mais je verrais bien — et passer à la suite, l’année prochaine. Est-ce que le travail donne du sens quand rien n’a de sens ? Mais du sens à quoi ? À la vie ? Je ne sais pas. Je ne crois pas. Je ne voudrais pas. Ce matin, en m’asseyant à ma table de travail pour traduire les dernières pages du volume, je n’avais pas l’impression que ce que je faisais avait du sens, non, j’avais simplement l’impression que ce que je faisais me coupait du reste, que je pouvais m’absorber complètement dans ce que j’étais en train de faire, et oublier tout le reste, ou sinon l’oublier, du moins le mettre à une distance suffisante pour qu’il ne me perturbe plus, ne me dérange plus, pour que je n’y pense plus. Évidemment, le reste ne disparaît pas pour toujours, il revient, mais pendant ce temps, il n’existe plus tout à fait, il s’est estompé, il me laisse un peu tranquille. À vrai dire, je ne croyais pas que ce serait quelque chose qui se produirait un jour dans ma vie. C’est le genre de choses que je n’avais lues que dans les livres, où le héros ou n’importe qui se plonge dans le travail pour échapper au désastre de sa vie. Je ne pensais pas qu’elles pouvaient avoir quelque réalité. Je pensais qu’elles étaient strictement romanesques. Je sais maintenant que ce n’est pas vrai. Ou que ma vie est un roman. Ce qui se peut, oui, ce qui se peut. On ne sait jamais. N’est-il pas possible qu’une nuit, sans que je m’en aperçoive, ma vie ait basculé de l’autre côté de la frontière, celle que je croyais avoir bien identifiée, entre la réalité et la fiction et que je pouvais parcourir sans basculer, de l’autre côté, en face de la réalité, dans un roman que Dieu sait qui écrit. Pas moi, en tout cas, si c’était moi, l’auteur, je ne me pourrirais pas tant la vie, certainement pas. Est-ce qu’une fois passé de l’autre côté de la frontière, une fois pénétré dans le territoire inconnu du romanesque, on peut revenir ? Et si oui, comment ? En travaillant ?

Lu les Papiers d’Aspern hier. Commencé le Tour d’écrou aujourd’hui. Pourquoi n’ai-je jamais été sensible à James auparavant ? À cause de son frère, du pragmatisme, de la philosophie ?

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